CAF : Les vassaux du business-business de Gianni Infantino

Alors que l’Europe et l’Asie crient au scandale face au projet fou de privatisation commerciale du football mondial, la Confédération Africaine de Football (CAF) s’apprête une fois de plus à jouer les figurants dociles. En invitant gentiment ses membres à « examiner » le projet FIFA Forward Enterprise, l'instance africaine capitule en rase campagne devant l'odeur du dollar
La méthode de Gianni Infantino est d'une simplicité désarmante : agiter un chèque de 20 millions de dollars sous le nez de fédérations asphyxiées pour faire avaler la pilule de la financiarisation à outrance. Et ça marche. Plutôt que de défendre l'intégrité du sport roi, la CAF du Dr Patrice Motsepe s'empresse de convoquer son Comité Exécutif pour organiser la distribution de la carotte.
Pendant que l’UEFA rappelle avec fermeté que « le football n’est pas à vendre » et que l'Asie déplore l'opacité totale du projet, la CAF préfère se draper dans un jargon administratif lâche et consensuel : « participer au processus de consultation ». En clair : tendre la main, empocher le pactole et signer le chèque en blanc de la FIFA.
Ce n'est pas la première fois que l'instance continentale se transforme en chambre d'enregistrement des désirs de Zurich.« La CAF ne consulte pas pour protéger le football africain ; elle consulte pour s'assurer que le troupeau votera en rangs serrés. » En livrant les droits commerciaux des compétitions majeures à des fonds d'investissement privés et à la finance de Wall Street, la FIFA franchit une ligne rouge éthique. Et quelle est la réaction de l'instance dirigeante du football africain ? Une neutralité bienveillante qui ressemble à s'y méprendre à de la complicité.
Les trois démissions morales de la CAF dans ce dossier :L'aveuglement stratégique : Sacrifier la vision à long terme du football continental contre un coup financier ponctuel. La soumission politique : Servir une nouvelle fois de réserve de voix automatiques pour valider les lubies ultra-libérales d'Infantino. Le mépris des supporters : Transformer la Coupe du monde en un produit financier découpé en actions pour investisseurs privés.
Le football africain méritait des dirigeants debout, capables de tenir tête aux dérives marchandes et de réclamer une gouvernance plus juste, plus éthique et véritablement solidaire. Au lieu de cela, la CAF préfère jouer le rôle de l'élève modèle du capitalisme sportif.
Si la CAF persiste à n'être que la caisse de résonance des intérêts de la FIFA, elle confirmera ce que beaucoup redoutent déjà : que le continent a troqué sa souveraineté sportive contre une poignée de dollars.
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