Un premier avion d’immigrants expulsés par les États-Unis atterrit en Centrafrique

Cette opération marque le début concret d'un accord migratoire hautement controversé entre Washington et Bangui, prévoyant la réinstallation de demandeurs d'asile déboutés dans des « pays tiers ».
Contrairement aux procédures d'expulsion classiques, les passagers à bord de ce vol ne sont pas des ressortissants centrafricains. Selon les organisations de défense des droits humains et les avocats sur place, le groupe — d’au moins deux douzaines de personnes — comprend des citoyens originaires : D'Iran, d'Afghanistan, de la Turquie, de la Géorgie, de la Jordanie, d'Arménie.
Parmi eux figurent notamment des militants politiques et des convertis au christianisme qui avaient fui leur pays d'origine pour échapper aux persécutions. Bien que certains aient obtenu une suspension d'expulsion (withholding of removal) devant les tribunaux américains — un statut censé empêcher leur renvoi vers leur pays d'origine —, l'administration américaine a utilisé un vide juridique pour les transférer vers un État tiers.
Emily Trostle, une avocate américaine représentant deux des femmes à bord, a vivement dénoncé la manœuvre :
« Ces personnes sont renvoyées des États-Unis et abandonnées dans un pays où elles n'ont aucun statut, aucun lien et aucun réseau de soutien. Nous craignons qu'elles ne finissent par être contraintes de retourner dans les pays qu'elles ont initialement fuis. »
Le choix de la République centrafricaine comme terre d'accueil soulève une vague d'indignation internationale. La RCA reste l'un des pays les plus pauvres et les plus instables au monde, en proie à des conflits armés chroniques.
Le paradoxe est d'ailleurs pointé du doigt par les observateurs : le Département d'État américain maintient lui-même une alerte de niveau 4 (« Ne voyagez pas ») pour la RCA, avertissant ses propres citoyens d'éviter le pays « pour quelque raison que ce soit » en raison de la criminalité et des troubles civils.
Commentaires