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KENYA

Kenya : William Ruto défend l'installation d'un centre de quarantaine Ebola pour les Américains, à la demande de Donald Trump

Kenya : William Ruto défend l'installation d'un centre de quarantaine Ebola pour les Américains, à la demande de Donald Trump

« Nous sommes un gouvernement responsable. Nous savons ce que nous faisons », a martelé le chef de l'État kényan lors d'une table ronde avec les médias, balayant les critiques d'une opposition politique et d'une société civile en colère. William Ruto a notamment rappelé que cette décision s'inscrivait dans le cadre d'un partenariat sanitaire de plus de trente ans entre Nairobi et Washington, citant les programmes communs de lutte contre le VIH/SIDA, le Covid-19 et d'anciennes épidémies d'Ebola.

Une demande directe de Donald Trump
Le projet, d'un coût estimé à 13,5 millions de dollars entièrement financés par les États-Unis, prévoit la mise en service d'un hôpital de campagne de 50 lits sur la base aérienne de Laikipia, à Nanyuki (à environ 200 kilomètres au nord de Nairobi). Ce centre géré par l'armée américaine et le service de santé publique des États-Unis est destiné à isoler et traiter les ressortissants américains (humanitaires, personnels médicaux ou militaires) exposés ou infectés par le virus Ebola lors de l'épidémie en cours en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.

Le président Ruto a révélé avoir personnellement donné son feu vert après une requête directe de son homologue américain, Donald Trump.

L'administration Trump affiche une réticence évidente à rapatrier sur le sol américain des citoyens ayant contracté ou été exposés à ce virus hautement mortel, préférant une solution de confinement externalisée en Afrique. Une stratégie qualifiée de « ridicule » par plusieurs experts américains de la santé publique, qui rappellent que les États-Unis disposent pourtant d'infrastructures de pointe adaptées sur leur propre territoire.

Colère dans les rues et affrontements avec la police
L'annonce de cet accord a immédiatement mis le feu aux poudres au Kenya. Pour la population locale, accueillir des patients potentiellement infectés par la souche rare et mortelle de Bundibugyo fait peser un risque inacceptable sur un système de santé kényan déjà fragile, alors même que le pays n'a enregistré aucun cas d'Ebola sur son sol.

Des manifestations massives ont éclaté aux abords de la base militaire de Laikipia. Les protestations ont rapidement dégénéré en affrontements violents lorsque les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs à balles réelles pour disperser les manifestants qui tentaient de bloquer les accès au site. Les organisateurs des rassemblements font état d'au moins deux morts lors de ces heurts.

La Haute Cour de justice s'interpose
En parallèle de la rue, la bataille est devenue juridique. Saisie en urgence par l'Ordre des avocats du Kenya (Law Society of Kenya) et l'organisation de surveillance constitutionnelle Katiba Institute, la Haute Cour de Nairobi a prolongé la suspension temporaire de la construction et de l'activation du centre de quarantaine.

La justice kényane dénonce un manque total de transparence de la part de l'exécutif et exige que le gouvernement divulgue l'intégralité des détails de l'accord signé avec Washington, ainsi que les rapports d'évaluation des risques sanitaires pour la population locale.

Alors que le syndicat des médecins kényans menace de lancer un mouvement de grève généralisé, le président Ruto tente de temporiser en affirmant que cette infrastructure s'intègre dans un réseau national de 24 centres d'urgence qui, à terme, bénéficieront également aux Kényans en cas d'extension de l'épidémie en Afrique de l'Est. Un argumentaire de crise qui peine pour l'instant à convaincre une opinion publique profondément hostile au projet.

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