Sommet du G7 à Évian : L'effet domino de l'accord irano-américain relance l'offensive contre le pétrole russe

Pendant près de quatre mois, la guerre dans le Golfe a fait trembler les marchés énergétiques mondiaux, forçant l'administration américaine à fermer les yeux sur certaines cargaisons de brut russe afin d'éviter une flambée incontrôlable des prix à la pompe. Mais l'histoire s'est accélérée à Évian.
Grâce à un accord de cessez-le-feu en passe d'être signé entre les États-Unis et l'Iran, le détroit d'Ormuz s'apprête à rouvrir pleinement, garantissant à nouveau le transit sécurisé du pétrole du Moyen-Orient.
« Bientôt, l'Iran sera derrière nous dans le rétroviseur. Le pétrole coule à nouveau. Nous sommes donc en position de lever très rapidement les exemptions accordées à la Russie », a déclaré Donald Trump aux journalistes en marge du sommet.
Cette baisse anticipée des cours mondiaux offre au G7 la marge de manœuvre idéale pour frapper là où cela fait mal : le portefeuille de Vladimir Poutine.
Profitant de cette dynamique, les membres du G7 ont affiché un front uni pour intensifier la pression économique sur Moscou, coupable d'avoir lancé une nouvelle salve massive de drones et de missiles sur les grandes villes ukrainiennes quelques heures à peine avant l'ouverture du sommet.
Les annonces concrètes n’ont pas tardé :
Le Royaume-Uni a dévoilé un lourd train de mesures ciblant spécifiquement les méthaniers russes transportant du gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que le réseau de renseignement militaire « Neptune », accusé d'importer clandestinement des technologies occidentales.
Le Canada a emboîté le pas en gelant les avoirs de 162 personnes, entités et navires liés au complexe militaro-industriel russe et à ses réseaux de désinformation.
Au cœur des discussions de cette première journée : le démantèlement de la « flotte fantôme », cette myriade de navires sous pavillons de complaisance que la Russie utilise pour contourner les embargos internationaux.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, invité à la table des discussions, a qualifié la séance de travail de « formidable », saluant l'unanimité des Sept. Au-delà des sanctions économiques, le dirigeant ukrainien est venu chercher à Évian des garanties de sécurité indispensables pour l'hiver à venir.
Zelensky pousse activement pour obtenir des licences de production afin de fabriquer des missiles d'interception Patriot directement sur le sol ukrainien. L'objectif ? Protéger un réseau électrique national à bout de souffle face aux frappes à longue portée. Si l'Europe (France et Royaume-Uni en tête) compense actuellement la baisse de l'aide financière directe des États-Unis, la position finale de Donald Trump sur ce dossier industriel et militaire reste le pivot de ce sommet.
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