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ASTROPHYSIQUE

Le télescope spatial Nancy Grace Roman en route pour percer les secrets de l'énergie noire

Le télescope spatial Nancy Grace Roman en route pour percer les secrets de l'énergie noire

L’astrophysique moderne franchit un nouveau cap. Lancé à bord d’un lanceur lourd Falcon Heavy depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, le Nancy Grace Roman Space Telescope de la NASA a entamé son voyage de 1,5 million de kilomètres vers le point de Lagrange L2, le même observatoire gravitationnel privilégié qu'occupe déjà le télescope James Webb. Nommé en hommage à Nancy Grace Roman, pionnière de la NASA surnommée la « mère de Hubble », cet observatoire de nouvelle génération a pour mission d'apporter des réponses à deux des plus grands vertiges de la physique contemporaine : la nature de l'énergie noire et de la matière noire.
Bien que le télescope Roman partage avec Hubble un miroir primaire de dimensions comparables (2,4 mètres de diamètre), sa conception optique et sa caméra infrarouge à grand champ (Wide Field Instrument de 300 mégapixels) changent radicalement d'échelle.
- Champ de vision décuplé : Roman peut capturer en une seule prise une portion de ciel au moins 100 fois plus vaste que celle d'Hubble, tout en conservant une résolution similaire.
-Cartographie de masse : Sur une mission primaire de cinq ans, il doit analyser la lumière et la position de plus d'un milliard de galaxies.
-Complémentarité : Tandis que James Webb excelle dans l'observation ciblée ultra-profonde d'objets précis, Roman agit comme un relevé panoramique haute définition capable de scanner de vastes portions de la voûte céleste à une vitesse inédite.
L'Univers est composé à près de 95 % d'éléments invisibles à l'observation directe : environ 68 % d'énergie noire, responsable de l'accélération de l'expansion cosmique, et 27 % de matière noire, dont la masse structure les galaxies. En mesurant la distribution spatiale des amas galactiques et en exploitant le phénomène de lentille gravitationnelle faible, le télescope établira une carte 3D de l'histoire de l'expansion cosmique sur des milliards d'années.

En parallèle de ses objectifs cosmologiques, l'observatoire embarque un instrument expérimental de coronographie (CGI). Ce dispositif masque l'éblouissement des étoiles hôtes pour observer directement la lumière réfléchie par des exoplanètes géantes et rocheuses, ouvrant une voie décisive vers la caractérisation d'atmosphères planétaires lointaines.
Après une phase de transit et de calibrage d'environ trois mois pour stabiliser ses capteurs thermiques et optiques, le télescope entamera ses campagnes d'observation scientifique, les premières données et images publiques étant attendues pour le début de l'année 2027.

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