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NIGER

Le Niger quitte la CPI : Ce que Niamey reproche à la justice internationale

Le Niger quitte la CPI : Ce que Niamey reproche à la justice internationale

Dans sa notification officielle, le gouvernement nigérien n'a pas mâché ses mots, estimant que la CPI a fait l'objet de « détournements » et « d'instrumentalisations ».

En qualifiant l'institution d'« instrument de répression néocoloniale aux mains de l'impérialisme », le Niger réactive une critique historique sur le continent africain. Bien que la Cour compte 125 États membres, elle essuie régulièrement le reproche de cibler de manière disproportionnée les dirigeants du continent, tout en restant impuissante face aux grandes puissances non-signataires comme les États-Unis, la Russie ou la Chine.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso font face à des violences djihadistes meurtrières liées notamment à Al-Qaïda. Dans ce contexte de guerre totale, les armées nationales de l'AES sont régulièrement dans le viseur d'organisations internationales pour de présumées exactions.

En quittant la juridiction de La Haye, la junte nigérienne poursuit un double objectif :

Protéger ses troupes et ses dirigeants contre d'éventuelles poursuites ou enquêtes internationales perçues comme une ingérence.

Réaffirmer une souveraineté judiciaire totale, au motif que la CPI ne doit pas se substituer aux tribunaux nationaux.
Le détail le plus surprenant de l'annonce de la CPI réside dans son silence radio concernant le Mali et le Burkina Faso. Alors que les trois pays avaient promis une démarche commune et synchronisée, seul le Niger a pour l'instant officiellement déposé sa notification. Reste à savoir si Bamako et Ouagadougou emboîteront le pas dans les prochains jours.
La réaction de La Haye ne s'est pas fait attendre. Tout en reconnaissant le « droit souverain » des États, la Cour a publiquement regretté « toute décision de se soustraire à l'effort collectif visant à mettre fin à l'impunité ».

Surtout, la CPI a rappelé le Niger à ses obligations : d'ici le 18 juin 2027, Niamey est juridiquement contraint d'honorer ses engagements et de coopérer pleinement avec la Cour pour toute procédure ouverte avant la date butoir.

Le Niger s’apprête ainsi à devenir le troisième pays de l’histoire à quitter définitivement la CPI, marchant dans les pas du Burundi et des Philippines.

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