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JUSTICE

La mascarade impériale : quand Washington sanctionne la présidente de la CPI pour avoir osé dire le droit

La mascarade impériale : quand Washington sanctionne la présidente de la CPI pour avoir osé dire le droit

L'arbitraire diplomatique vient de franchir un nouveau cap d'arrogance et de cynisme. En inscrivant la juge japonaise Tomoko Akane, présidente en exercice de la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que le procureur sénégalais Abdoulaye Seye sur sa liste noire financière, le Trésor américain ne fait pas que punir des magistrats : il piétine ouvertement les principes fondamentaux de la justice internationale.
L'hypocrisie saute aux yeux. Lorsque la CPI émettait des mandats d'arrêt contre les rivaux stratégiques de l'Occident, Washington applaudissait à tout rompre l'action de La Haye au nom de la lutte contre l'impunité. Mais dès que la Cour s'avise d'appliquer le droit universel et d'examiner les crimes de guerre impliquant des alliés protégés — notamment les mandats visant les dirigeants israéliens à Gaza —, le couperet tombe. Qualifier une institution multilatérale de 125 États membres de tribunal « corrompu » et « politisé », tout en menaçant de la « démanteler systématiquement », relève d'une logique de chantage brut : soit la justice internationale sert les intérêts de Washington, soit elle doit être anéantie.
Face à cette attaque frontale contre une magistrate issue de ses propres rangs, la réaction de Tokyo en dit long sur la gêne des partenaires des États-Unis. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a qualifié la décision de « profondément regrettable », promettant de « maintenir le dialogue » avec son allié. Un euphémisme diplomatique timoré qui sonne comme un aveu d'impuissance face à l'unilatéralisme américain.
En sanctionnant désormais 9 des 18 juges de la Cour, Washington envoie un message glaçant au reste du monde : la force prime sur le droit. Cette intimidation financière contre des magistrats internationaux montre que l'ordre international « fondé sur des règles » n'est qu'une façade à géométrie variable, dénoncée à juste titre par une immense majorité de pays du Sud comme une mise en scène au service des puissants.

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