Tchad : La descente aux enfers budgétaire, le pays sombre dans le rouge avec un gouffre de 33,3 milliards de FCFA

Le vernis de la gestion macroéconomique s'écaille à vue d'œil au pays de Toumaï. En ce premier trimestre 2026, le Tchad bascule brutalement dans le gouffre de l’asphyxie financière, affichant un déficit budgétaire vertigineux de 33,3 milliards de FCFA à fin mars. Un chiffre choc qui résonne comme un camouflet magistral et réduit à néant les discours incantatoires sur la prétendue bonne santé des finances publiques.
La chute est d'autant plus violente qu'elle rompt avec une insolente brutalité avec l'excédent de 11 milliards de FCFA engrangé un plus tôt. En l'espace de quelques mois, l'édifice budgétaire tchadien s'est fissuré de toutes parts, exposant la fragilité structurelle d'une économie incapable de s'affranchir de ses vieux démons.
Comment justifier une telle débâcle alors même que les autorités claironnent une embellie des recettes publiques ? C'est bien là que le bât blesse : l'argent rentre, mais l'argent s'évapore. Les dépenses incontrôlées, le train de vie indécent de l'appareil d'État et l'opacité chronique dans l'allocation des ressources continuent de saigner à blanc les caisses du Trésor public.
Pendant que les sommets de l'État s'embourbent dans des priorités budgétaires opaques, la réalité sociale du pays crève les yeux. Les indicateurs humains hurlent la détresse d'une population sacrifiée sur l'autel de la gabegie. Les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD) agissent comme un réquisitoire implacable : le Tchad se contente d'allouer la portion congrue à l'avenir de sa jeunesse et à la survie de ses citoyens, avec à peine 2,5 % de son PIB pour l'éducation et un misérable 0,9 % pour la santé. Des seuils faméliques, relégués loin, très loin derrière les moyennes régionales, pendant que le déficit se creuse et que la dette pèse comme un couperet.
Ce gouffre de 33,3 milliards de FCFA au premier trimestre n’est pas qu’une simple ligne comptable négative ; c’est le symptôme clinique d’une gouvernance économique à la dérive. À force de naviguer à vue, le Tchad fonce droit dans le mur, sacrifiant le bien-être social et la stabilité macroéconomique au profit d'intérêts partisans. Jusqu'à quand le contribuable tchadien devra-t-il payer la note de cette faillite annoncée ?
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