Kenya : L’adieu déchirant aux 16 jeunes filles victimes de l’incendie du lycée d’Utumishi

Sur la pelouse du stade, les cercueils blancs, recouverts de fleurs et surmontés des portraits des jeunes victimes, étaient alignés sous les regards dévastés des familles. Des chants religieux entonnés par les élèves de l’établissement ont résonné, tentant d'apporter un peu de paix au milieu des larmes.
La Première dame du Kenya, Rachel Ruto, ainsi que le ministre de l'Éducation, Julius Ogamba, étaient présents pour soutenir la communauté. S'adressant directement aux élèves traumatisées, la Première dame a prononcé des paroles de réconfort :
« Aux élèves qui ont perdu des amies, je sais que beaucoup d'entre vous se posent des questions auxquelles il n'y a pas de réponse facile. Pleurez librement, soutenez-vous les unes les autres, et rappelez-vous que vous ne traversez pas cette épreuve seules. »
Derrière le deuil national pointe une vive colère. Les premiers éléments de l'enquête confirment la piste d'un incendie criminel. Neuf jeunes filles, toutes élèves de l'établissement, ont été arrêtées. Les interrogatoires ont révélé que le feu avait été délibérément déclenché en aspergeant un matelas de paraffine à proximité de la sortie du dortoir, avant d'y mettre le feu avec une allumette. Le mobile reste pour l'instant inconnu.
Au-delà de l'acte criminel, la gestion de la sécurité au sein de l'établissement est lourdement pointée du doigt :
Des issues verrouillées : Des témoignages de survivantes indiquent que les portes du dortoir étaient fermées à clé de l'extérieur pour la nuit, piégeant les adolescentes au milieu des flammes et des fumées toxiques. Plusieurs d'entre elles n'ont eu d'autre choix que de sauter du premier étage pour survivre.
Sanctions administratives : Face à ces manquements flagrants aux protocoles élémentaires de sécurité, le ministère de l'Éducation a suspendu la directrice de l'école.
Ce drame ravive le traumatisme d'une crise systémique qui ronge les internats kenyans. Rien que depuis le début de l'année, la Croix-Rouge kenyane a recensé 37 incendies d'écoles à travers le pays. Ces sinistres sont régulièrement causés par des installations électriques défectueuses ou par des actes de vandalisme d'élèves protestant contre une discipline trop stricte ou le calendrier des examens.
Les représentants politiques et les organisations des droits de l'homme exigent désormais des réformes profondes et immédiates. Les familles, quant à elles, réclament que justice soit faite pour que le sacrifice de Gertrude, Abigail et de leurs 14 camarades ne reste pas impuni, et que les écoles redeviennent enfin des sanctuaires sûrs pour les enfants du pays.
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