Togo : Lomé clarifie l’arrestation de deux journalistes français et réfute toute atteinte à la liberté de la presse

Le gouvernement togolais est sorti de son silence concernant l'arrestation de deux ressortissants français et de leur collaborateur local, interpellés fin juillet dans le nord du pays. Dans un communiqué conjoint publié le 22 août, le ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, et le ministre de la Justice, Pacôme Yawovi Adjourouvi, ont tenu à clarifier la situation : la procédure judiciaire engagée relève strictement de la sécurité nationale et du cadre administratif régissant les tournages, sans aucun lien avec la liberté d'informer.
L’équipe de tournage, qui travaillait sur un épisode de l'émission documentaire « Les routes de l’impossible » (produite par une société française), a été interpellée le 27 juillet au marché de Matchatom, situé dans la préfecture de la Binah.
Selon les autorités togolaises, les enquêteurs ont mis en évidence plusieurs entorses à la réglementation :
Un périmètre de tournage non respecté : Si l’équipe disposait bien d’une autorisation accordée le 19 juin par le ministère chargé du Tourisme, celle-ci n'était émise qu'au nom du collaborateur togolais et restreinte à des zones précises. L'équipe a toutefois effectué des prises de vue dans des localités comme Mango, Guérin-Kouka et Matchatom, certaines soumises à des restrictions strictes en raison de l’état d’urgence sécuritaire en vigueur.
L’usage non déclaré d’un drone : Les prises de vue aériennes ont été réalisées avec un appareil dont les caractéristiques techniques n’avaient pas été préalablement déclarées auprès des services compétents — une obligation légale d'ailleurs rappelée par le Quai d’Orsay dans ses recommandations aux voyageurs.
À l'issue de plusieurs semaines d’investigations, le gouvernement togolais évoque des « indices graves et concordants » pouvant caractériser l’infraction de fausses déclarations, réprimée par le Code pénal.
Les autorités insistent sur le fait que la démarche ne cible aucunement le métier de journaliste ni la ligne éditoriale du projet :
« Ces faits ne portent ni sur le contenu éditorial du documentaire, ni sur l’exercice de la liberté de presse. »
À Paris, la diplomatie française suit le dossier au plus haut niveau. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué que des visites consulaires avaient été rendues aux détenus et a appelé à leur libération dans les meilleurs délais.
De son côté, Lomé assure veiller au respect des droits fondamentaux, de la présomption d'innocence et de l'accès à la défense légale. Le gouvernement togolais réaffirme sa position de fermeté : aucune nationalité ni aucun projet médiatique ne dispense du respect des lois et des impératifs sécuritaires du territoire.
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