Guinée-Bissau : adoption par référendum d'une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel fort

Les électeurs de Guinée-Bissau ont plébiscité le projet de nouvelle Constitution avec 70 % des suffrages exprimés lors du référendum organisé le 30 août 2026, d'après les résultats provisoires publiés par la Commission nationale électorale (CNE). Cette consultation consacre une refonte profonde de l'architecture institutionnelle d'un pays marqué par des décennies d'instabilité politique.
Les résultats du scrutin en chiffres Selon les données compilées par la CNE :
« Oui » : 383 116 voix (70 % des suffrages valides)
« Non » : 160 954 voix (30 % des suffrages valides)
Votants : 572 712 électeurs sur 914 428 inscrits
Taux de participation : 63 %
L'organe électoral a précisé qu'aucun recours ni contestation formelle n'avait été enregistré à ce stade. La proclamation des résultats définitifs relève désormais de la Cour suprême.
La nouvelle loi fondamentale rompt avec le régime semi-parlementaire en vigueur depuis l'indépendance de 1974 pour installer un système présidentiel fort.
Pleins pouvoirs à l'exécutif : Le chef de l'État dispose dorénavant du pouvoir exclusif de nommer ou de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, sans dépendre de la majorité parlementaire.
Resserrement du pouvoir législatif : Le nombre de députés siégeant au Parlement est revu à la baisse, passant de 102 à 65 sièges.
Fin des cohabitations conflictuelles : L'ancien système, où la direction de l'exécutif émergeait de l'Assemblée nationale populaire, avait régulièrement alimenté des guerres de tranchées entre la présidence et la primature, débouchant sur des dissolutions répétées et des blocages de l'appareil d'État.
Ce changement d'ère politique s'inscrit dans un cadre de transition militaire. Le pays est dirigé par une junte arrivée au pouvoir en novembre 2025, à la suite du renversement du président Umaro Sissoco Embaló à la veille de la publication des résultats des élections présidentielle et législatives. À la tête du gouvernement de transition, le général Horta N’Tam a présenté cette réforme comme le seul moyen de neutraliser la fragilité institutionnelle chronique du pays avant le retour à l'ordre constitutionnel.
L'adoption de la nouvelle Constitution ouvre la voie à la phase finale de la transition. Le calendrier officiel prévoit la tenue d'une élection présidentielle le 6 décembre 2026. Ce scrutin désignera le premier chef de l'État appelé à gouverner avec les prérogatives renforcées prévues par ce nouveau cadre constitutionnel.
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