Réforme de l'ONU : L'Afrique du Sud monte au créneau à New York pour exiger des sièges permanents pour l'Afrique

À l'occasion de l'ouverture de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, l'Afrique du Sud a replacé au centre du débat mondial une exigence historique : la refonte en profondeur du Conseil de sécurité de l'ONU et l'attribution de sièges permanents au continent africain.
Pour Pretoria, la configuration actuelle du Conseil de sécurité relève d'un anachronisme persistant. Conçu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cet organe décisionnel suprême ne reflète en rien les équilibres démographiques et géopolitiques du XXIe siècle.
L'Afrique, qui regroupe plus d'un milliard d'habitants et représente près d'un quart des États membres de l'Organisation des Nations unies, demeure totalement exclue du cercle des membres permanents dotés du droit de veto. Les autorités sud-africaines dénoncent cette mise à l'écart historique, arguant qu'un organe chargé de garantir la paix et la sécurité internationales ne peut continuer à occulter les voix et les intérêts du continent africain dans les décisions majeures.
La démarche sud-africaine s'inscrit dans le droit fil du Consensus d'Ezulwini, la position commune adoptée par l'Union africaine. Celle-ci réclame :
-Au moins deux sièges permanents pour l'Afrique au Conseil de sécurité, assortis de l'ensemble des prérogatives liées à ce statut (y compris le droit de veto, si celui-ci est maintenu pour les membres actuels).
-Cinq sièges au total pour représenter le continent au sein de l'instance, en augmentant également la quote-part des sièges non permanents.
Prétextant l'immobilisme des grandes puissances traditionnelles, l'Afrique du Sud insiste sur le fait que la crédibilité et la légitimité de l'ONU s'érodent de jour en jour tant que les réformes structurelles du multilatéralisme seront bloquées.
Alors que les crises s'accumulent à travers le globe — des conflits armés aux urgences climatiques —, la tribune new-yorkaise de l'Assemblée générale sert de caisse de résonance aux nations du Sud global.
En haussant le ton dès l'ouverture des travaux, l'Afrique du Sud espère mobiliser ses partenaires continentaux et internationaux pour briser le statu quo. Elle rappelle qu'une gouvernance mondiale juste ne pourra voir le jour sans une représentation équitable de l'Afrique au cœur des instances où se dessine le destin de la planète.
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