Droits de l’homme : l’ONU annonce la fermeture définitive de son bureau au Burkina Faso d'ici le 30 novembre

Cette annonce est la conséquence directe de la décision prise par Ouagadougou de suspendre indéfiniment les activités du bureau. Une mesure de rétorsion qui faisait suite à la publication d'un communiqué de l'ONU appelant les autorités à préserver l’espace civique dans le pays.
« Je regrette profondément la décision des autorités burkinabè de suspendre pour une durée indéterminée nos opérations dans le pays, et le fait que les échanges intensifs menés avec elles depuis lors n’ont pas permis de résoudre la situation », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk.
Le chef des droits de l'homme de l'ONU a souligné que cette mise à l'écart forcée a eu « un impact direct et considérable » sur la capacité de ses équipes à exercer leur mandat, ne lui laissant d'autre choix que d'acter la fin progressive de leur mission.
Du côté des autorités burkinabè, la position reste inflexible. Lors d'un entretien avec le coordonnateur résident par intérim de l'ONU au Burkina Faso, Maurice Azonnankpo, le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a haussé le ton.
Selon lui, la décision du gouvernement vise à envoyer un signal clair aux partenaires internationaux qui tenteraient de « fouler aux pieds la souveraineté nationale et l’intérêt supérieur des Burkinabè ».
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères a été particulièrement direct :
« Il est temps pour les patrons des organisations internationales d’arrêter de se comporter en super policiers en outrepassant les principes de l’accord de siège, parfois au profit des intérêts personnels. »
Cette fermeture s'inscrit dans un contexte régional de rupture de plus en plus nette entre les juntes militaires du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger) et les instances internationales. Soucieuses de réaffirmer leur souveraineté et de s'affranchir des tutelles occidentales, ces nations ont entamé un virage géopolitique profond.
Ce durcissement s'est récemment traduit par leur décision conjointe de retirer leur adhésion au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Avec le départ officiel du HCDH d'ici la fin de l'année, c'est l'un des derniers canaux indépendants d'observation des droits humains qui s'éteint dans une région toujours en proie à une crise sécuritaire majeure.
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