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DIPLOMATIE

Diplomatie : Le président sud-africain Cyril Ramaphosa en France sur fond de crise migratoire

Diplomatie : Le président sud-africain Cyril Ramaphosa en France sur fond de crise migratoire

Le chef de l’État sud-africain entame ce vendredi une visite officielle de trois jours en France. Au programme : un sommet sur l’éducation à l’UNESCO, un tête-à-tête avec Emmanuel Macron et les commémorations du 110e anniversaire de la bataille de Delville Wood. Un déplacement prestigieux qui intervient pourtant dans un climat intérieur lourd, marqué par une dangereuse flambée de violences xénophobes à Pretoria.
C’est par le volet multilatéral que Cyril Ramaphosa commence son séjour parisien ce vendredi. À l’invitation du directeur général de l'UNESCO, Khaled El-Enany, le président sud-africain copréside une réunion de haut niveau consacrée à l’Objectif de développement durable nᵒ 4 (ODD4) pour une éducation de qualité.

Pour Pretoria, cette nomination est une consécration de son rôle croissant dans la gouvernance mondiale, à l'approche de sa présidence du G20. Les discussions se concentrent sur quatre piliers urgents pour l'Afrique et le reste du monde :

Le renforcement de la profession enseignante.

Le développement de l’apprentissage fondamental.

L’inclusion numérique.

Le financement durable des écoles.

En fin de journée, Ramaphosa participera au bilan du Sommet sur la transformation de l’éducation (TES+4) afin de mesurer le chemin parcouru depuis 2022 et d'accélérer les efforts d'ici 2030.
Samedi, le président sud-africain sera reçu par Emmanuel Macron à l'Élysée. Si les deux dirigeants doivent officiellement aborder les partenariats économiques et la transition énergétique, les réalités politiques des deux pays se croisent inévitablement sur la question de l'immigration.

Mais alors que l'Europe se barricade, l'Afrique du Sud fait face à ses propres démons. Le pays traverse une crise xénophobe majeure qui fragilise sa position de leader moral sur le continent :

Plus de 25 000 rapatriements forcés : C'est le bilan provisoire suite à l'ultimatum du 30 juin fixé par plusieurs collectifs anti-immigrés exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière. Le mouvement populiste March and March, mené par Jacinta Ngobese-Zuma, est activement soutenu par des partis comme ActionSA et l'Umkhonto we Sizwe de l'ex-président Jacob Zuma, qui accusent les migrants d'être responsables de la crise économique.

Cette rhétorique a viré au drame le 30 juin avec le meurtre par balle de Bashiru Isak, un ressortissant ghanéen à Khayelitsha (Le Cap). L'affaire a provoqué un incident diplomatique, le Ghana condamnant fermement un « acte de violence insensé » et s'inquiétant de la sécurité de ses ressortissants en Afrique du Sud. Face à Macron, Ramaphosa devra rassurer sur la stabilité de son pays.
La visite se terminera dimanche 12 juillet dans la Somme, avec un hommage solennel lors du 110e anniversaire de la bataille de Delville Wood.

En juillet 1916, la brigade sud-africaine y fut envoyée en première ligne face aux forces allemandes. Le sacrifice fut immense : sur plus de 3 000 hommes engagés, seuls 143 s'en sortirent indemnes. Cyril Ramaphosa y dévoilera une plaque officielle de l'UNESCO reconnaissant la valeur historique de ce mémorial. Un rappel puissant, en ces temps de repli identitaire, que les destins de la France et de l'Afrique du Sud se sont croisés dans le sang des tranchées il y a un siècle.

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