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La RDC interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt : le pari stratégique de la transformation locale

La RDC interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt : le pari stratégique de la transformation locale

Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur dans l'approvisionnement en minerais essentiels à la transition énergétique, la République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape décisive dans la gestion de ses richesses minérales. À travers un arrêté gouvernemental signé conjointement par le ministre des Mines Louis Kabamba Watum, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya et le ministre de l'Économie Daniel Mukoko Samba, Kinshasa a officialisé l'interdiction immédiate de l'exportation des concentrés de cuivre et de cobalt.

Cette mesure vise à rompre avec le modèle extractiviste traditionnel pour contraindre les industriels à développer des capacités nationales de transformation et à conserver la valeur ajoutée sur le sol congolais.
L'annonce a provoqué une onde de choc instantanée sur la planète finance. Dès la publication des premières informations, le cours du cuivre à trois mois sur le London Metal Exchange (LME) a bondi jusqu'à 1,8 %, grimpant à 14 369,50 dollars la tonne — se rapprochant ainsi de son sommet historique inscrit en janvier.

Cette réaction des marchés témoigne du poids démesuré que pèse la RDC dans la chaîne d'approvisionnement globale des technologies vertes et des véhicules électriques.
Si la RDC avait déjà tenté d'imposer des restrictions similaires par le passé (notamment en 2013, 2019 et 2023), les précédentes interdictions s'accompagnaient de dérogations massives en raison du manque d'infrastructures locales de traitement.

Le nouveau texte change la donne :

Abrogation des textes antérieurs : L'arrêté de 2023 et ses exemptions sont officiellement annulés.

Cadre strict et dérogations encadrées : La mesure prend effet immédiatement. Seules des dérogations exceptionnelles d'une durée d'un an pourront être accordées pour des raisons stratégiques non spécifiées.

Nouveau régime fiscal sur les sous-produits : Le gouvernement met en place (avec une période transitoire de trois mois) une taxation ciblée sur les minéraux présents à l'état de traces ou d'ultra-traces récupérés lors du raffinage, calculée sur la base d'un coefficient de valorisation de 55 %.
En bloquant l'exportation des concentrés restants, l'État congolais entend maximiser ses recettes fiscales, créer des emplois industriels qualifiés et inciter les géants miniers à investir dans l'extension des fonderies locales et le développement des réseaux électriques nationaux.
En durcissant son cadre réglementaire et fiscal, la RDC adresse un signal limpide aux multinationales et aux grandes puissances : l'accès aux minerais critiques de demain ne se fera plus par la simple extraction. Pour bénéficier du sous-sol congolais, les investisseurs devront participer activement à l'industrialisation locale et au développement économique du pays.

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