Patrice Motsepe monte au front et renvoie les opposants d'Infantino aux urnes

Alors qu'une coalition inédite menée par l'UEFA, la Concacaf et l'AFC réclame la démission de Gianni Infantino, le président de la CAF Patrice Motsepe a vigoureusement riposté en insistant sur le respect scrupuleux des statuts et du vote démocratique des 211 fédérations membres. Le football mondial traverse une zone de turbulences sans précédent. Au cœur de la tempête déclenchée par le projet controversé — bien qu'abandonné — d'ouvrir des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a décidé de tracer une ligne rouge. Présent à Salzbourg en marge de la Supercoupe d'Europe, où il s'est entretenu avec le président de l'UEFA Aleksander Čeferin, le dirigeant sud-africain a tenu à rappeler le principe de souveraineté électorale lors d'un entretien accordé à la chaîne britannique Sky News.
« Si vous voulez le destituer, passez par les élections ! » Face aux pressions coordonnées de plusieurs confédérations continentales qui réclament le départ pur et simple d'Infantino avant la fin de son mandat, la position de Patrice Motsepe est sans ambiguïté : « Si quelqu'un a un problème avec qui que ce soit, que ce soit Gianni ou n'importe qui d'autre, qu'il suive la procédure de la FIFA, c'est aussi simple que ça. Si vous voulez le destituer, passez par les élections. Laissez les 211 associations membres décider. » Pour le patron de la CAF, aucun groupe d'intérêt ni coalition régionale ne peut se substituer au vote de l'ensemble des nations de la planète foot. Il a ainsi appelé à la retenue et au respect du calendrier institutionnel, rappelant que le congrès électif prévu à Rabat, au Maroc, constituera le cadre légitime pour juger le bilan du président en place.
Cette prise de parole publique met en lumière une fracture majeure sur l'échiquier du football international :
Le bloc des contestataires : L'UEFA (Europe), la Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes) et l'AFC (Asie) accusent la direction de l'instance d'abus de confiance et menacent de boycotter les compétitions mondiales tant qu'Infantino restera en poste.
Des défections symboliques : Ces derniers jours, la Fédération irlandaise (FAI) a officiellement retiré son soutien à la candidature de l'Italo-Suisse, rejoignant la ligne dure portée notamment par les fédérations anglaise et galloise.
Le rempart africain : À l'opposé, le Comité exécutif de la CAF a réaffirmé son soutien unanime à Gianni Infantino, faisant valoir les retombées positives et les investissements consentis sur le continent ces dernières années.
Avec ses 54 fédérations votantes, l'Afrique représente le plus important réservoir de voix au congrès de la FIFA. En renvoyant les opposants européens et asiatiques vers le scrutin à bulletin secret, Patrice Motsepe confirme que le continent africain entend peser de tout son poids dans cette bataille pour le contrôle de l'instance faîtière du football mondial.
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