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SUDAN DU SUD

Soudan du Sud : Juba sous haute tension à l'approche d'élections controversées

Soudan du Sud : Juba sous haute tension à l'approche d'élections controversées

La capitale du Soudan du Sud, Juba, vit sous une surveillance étroite. Un dispositif de sécurité d'envergure y a été déployé, marquant une montée subite des tensions politiques à trois mois des premières élections générales de l'histoire du pays, prévues le 22 décembre.
Les rues de Juba affichent une présence fortement accrue des forces de l'ordre. Des barrages filtrants (check-points) ont été dressés à travers la ville et un cordon de sécurité a été exceptionnellement mis en place autour du complexe gouvernemental, dont l'accès a été restreint.

Cette démonstration de force fait suite à une directive émanant lundi du bureau de la sécurité intérieure, ordonnant à l'ensemble des forces de sécurité de porter l'uniforme et de se placer en état d'alerte maximale pour une durée de trois jours.
Ce climat de quasi-siège intervient au lendemain de la promulgation, par le président Salva Kiir, d’une loi modifiant le cadre électoral national. Ce texte adopté en urgence par le Parlement introduit des dispositions majeures :
-Maintien au pouvoir : Il permet à l'exécutif en place, et à Salva Kiir — candidat probable à sa propre succession —, de conserver l'ensemble de ses prérogatives à la tête de l'État jusqu'à la tenue effective du scrutin.
-Éviction de l'opposition : La loi prévoit également que les vice-présidents, en particulier ceux issus des rangs de l'opposition, soient « relevés » de leurs fonctions à l'approche du vote.
Ces décisions unilatérales font craindre à la communauté internationale un embrasement du pays. En 2018, un accord de paix majeur avait mis un terme à cinq années d'une guerre civile destructrice (ayant fait quelque 400 000 morts et quatre millions de déplacés). Cet accord avait instauré un gouvernement d'union nationale unissant le président Salva Kiir et son grand rival Riek Machar au poste de vice-président, au sein d'une période de transition maintes fois prolongée.
Alors que le pays doit théoriquement élire son chef de l'État, ses députés ainsi que les représentants des dix États et trois zones administratives le 22 décembre prochain, les observateurs redoutent que la mise à l'écart des figures de l'opposition et le musellement des contre-pouvoirs ne replongent le jeune État, indépendant depuis 2011, dans le chaos.

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