Maurice rejette la proposition américaine présumée d'acheter les îles Chagos

L'onde de choc est partie d'un article du quotidien The Telegraph, révélant que l'administration de Donald Trump étudiait plusieurs options pour contourner l'accord de rétrocession initié par le Royaume-Uni. Parmi les scénarios avancés par le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, figurait une proposition d'achat pur et simple de l'archipel directement auprès de Port-Louis.
L'objectif de Washington ? Sécuriser de manière définitive la base aéronavale de Diego Garcia, considérée comme un poste d'observation "indispensable et vital" pour la sécurité nationale américaine dans l'océan Indien. L'actuelle administration américaine n'a jamais caché son opposition à l'accord de principe de 2025, par lequel Londres acceptait de céder la souveraineté à Maurice en échange d'un bail de 99 ans et d'un loyer annuel d'environ 101 millions de livres sterling.
« Notre souveraineté est non négociable »
La réponse du gouvernement mauricien ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, Port-Louis a coupé court aux spéculations :
« Le gouvernement mauricien a pris note des informations rapportées par le Telegraph. À ce jour, il n’a reçu aucune proposition officielle et n’a été approché, ni directement ni indirectement, par l’administration américaine concernant un accord séparé. La position de Maurice reste inchangée : sa souveraineté sur l'archipel des Chagos est non négociable. »
Pour Maurice, ce dossier dépasse largement le cadre d'une simple transaction financière ou d'un alignement géopolitique. Il s'agit d'une question de justice historique, de décolonisation et de dignité pour le peuple mauricien, ainsi que pour la communauté des Chagossiens, déplacés de force par les Britanniques dans les années 1960 et 1970 lors de la création de la base.
La sortie de Maurice réaffirme la doctrine constante du pays, soutenue à de nombreuses reprises par les instances internationales (notamment la Cour internationale de Justice et l'ONU), qui considèrent la séparation des Chagos de Maurice avant son indépendance en 1968 comme illégale.
Alors que le projet de loi britannique visant à finaliser le transfert de souveraineté subit des pressions et des blocages, notamment au Congrès américain où des sénateurs tentent de faire dérailler le traité de défense bilatéral, l'intransigeance de Port-Louis envoie un signal fort : le destin de l'océan Indien ne se décidera pas derrière des portes closes à Washington. Maurice entend bien faire respecter ses droits, confirmant que l'ère où les grandes puissances achetaient des territoires coloniaux appartient définitivement au passé.
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