Guinée : L'opposant Aliou Bah libéré grâce à une grâce présidentielle sur fond de pression de la Cédéao

Dans un décret lu à la télévision d'État par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence, le chef de l'État guinéen, le général Mamadi Doumbouya, a accordé sa grâce à 217 détenus à l'occasion de la fête de l'indépendance. Parmi eux figure une personnalité de premier plan : l'opposant Aliou Bah.
Président du Mouvement démocratique libéral (Model), Aliou Bah était incarcéré depuis décembre 2024 après avoir été condamné à deux ans de prison ferme pour « offense et diffamation » à l'encontre du président de la transition. Sa libération, initialement attendue pour la fin de l'année 2026 au terme de sa peine, intervient de manière anticipée.
Cette mesure de clémence présidentielle survient dans un timing particulier, alors que le dossier de l'opposant connaissait un tournant juridique international.
Quelques jours avant l'annonce, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'était saisie de l'affaire. Dans une lettre officielle datée du 25 septembre, la juridiction régionale avait enjoint la Cour suprême de Guinée de procéder à la « mise en liberté immédiate et sans condition » d'Aliou Bah, accentuant la pression sur les autorités de Conakry quant au respect des procédures judiciaires et des droits de l'opposition.
Si cette grâce permet à l'opposant de recouvrer la liberté bien avant le terme de sa condamnation, les décrets présidentiels de cette nature en Guinée s'accompagnent généralement de mesures d'encadrement ou de réinsertion pour les bénéficiaires concernés.
Pour le paysage politique guinéen, cette décision est perçue par les observateurs comme un geste susceptible d'apaiser les tensions avec les acteurs politiques et les partenaires internationaux, alors que le pays poursuit sa transition institutionnelle.
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