Washington retire ses forces du Nigeria après une opération majeure contre Daech : « Un modèle pour l'Afrique », selon l'AFRICOM

L'armée américaine entame une nouvelle phase dans sa coopération sécuritaire avec le Nigeria. S'exprimant jeudi lors de la conférence des chefs de la défense africaine à Luanda, en Angola, le général Dagvin Anderson, commandant de l'AFRICOM, a officialisé le désengagement des troupes au sol qui avaient été projetées spécifiquement pour cette mission d'envergure.
Cette opération s'inscrit dans une dynamique offensive initiée à la fin de l'année dernière. Sur ordre du président américain Donald Trump, une première frappe ciblée avait été menée le jour de Noël contre les terroristes, le président américain ayant alors dénoncé les attaques répétées du groupe contre les populations chrétiennes du pays.
Cette pression militaire a culminé en mai dernier. Lors d'opérations conjointes intensives menées dans le nord-est du Nigeria — plus précisément dans la région stratégique du bassin du lac Tchad —, les forces américaines et nigérianes ont réussi à éliminer Abu-Bilal al-Minuki, le numéro deux mondial de l'État islamique.
« Cette opération a non seulement perturbé les commandants locaux, mais elle a également ébranlé les communications et les opérations de Daech à plus grande échelle, bien au-delà de l’Afrique de l’Ouest », a précisé le général Anderson lors d'un point presse organisé par le Département d'État américain.
Le départ des forces de combat ne signifie pas le désengagement des États-Unis. À la demande du gouvernement nigérian, le partenariat évolue vers un transfert technologique et stratégique.
« Nous avons retiré une grande partie de nos forces qui étaient sur place uniquement pour cette opération, mais nous poursuivons le partenariat demandé par le Nigeria afin de continuer à partager des renseignements », a expliqué le chef de l'AFRICOM.
Désormais, le soutien américain repose sur :
Le partage de données de renseignement tactique et satellite.
La fourniture de capacités spécialisées uniques (surveillance, analyse technologique).
L'appui stratégique aux forces locales.
Pour le général Anderson, le succès de la mission de mai démontre la viabilité de la doctrine américaine actuelle : fournir une expertise de pointe et des moyens techniques de premier ordre, tout en laissant les armées partenaires africaines diriger les opérations de sécurité sur le terrain.
En qualifiant cette opération conjointe de « modèle » pour l'avenir, Washington réaffirme sa volonté de ne plus s'enliser dans des conflits de longue durée en Afrique, mais plutôt de renforcer l'autonomie opérationnelle de pays jugés robustes et capables, à l'image du Nigeria.
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