Union collective à Kano : 1 500 couples célèbrent un mariage de masse parrainé par l'État

Un événement d'une ampleur exceptionnelle et chargé d'émotion a illuminé l'État de Kano, dans le nord du Nigéria. Organisée sur deux jours par le gouverneur Abba Kabir Yusuf et la police religieuse (Hisbah), cette deuxième édition du mariage collectif annuel a permis à 1 500 couples de s'unir simultanément à travers les 44 circonscriptions administratives de l'État.
Au-delà de l'aspect festif, la cérémonie a offert un véritable souffle de renouveau pour des centaines de participants frappés par le deuil ou la précarité.
Parmi eux, Haruna Bashir a pu poser les jalons d'un nouveau départ. Après avoir perdu tragiquement sa première épouse et ses six enfants lors d'une attaque violente plus tôt cette année, ce mariage représente une étape clé vers la guérison. Le cheikh Aminu Ibrahim Daurawa, commandant en chef du Hisbah, a souligné cette transformation :
« Depuis l'incident tragique, il interagissait peu avec les gens. Aujourd'hui, il revient progressivement à une vie normale. »
Pour Malama Ainau Mudi, veuve de 38 ans, cette journée marque également la fin d'une période d'isolement :
« La date d'aujourd'hui ne sera jamais oubliée. Mon mari est décédé il y a quatre ans, et aujourd'hui j'épouse mon nouvel époux dont l'amour et l'attention allégeront mes années de veuvage. »
Face à la crise économique et à l'inflation qui sévisse au Nigéria, le coût du mariage est devenu un obstacle majeur. Pour y remédier, le gouvernement de l'État a déployé un programme d'aide logistique et financier substantiel pour chaque foyer :
Dot et capital d'amorçage : Versement de 200 000 nairas (environ 145 $) à chaque mariée, servant de dot réglementaire et de capital initial pour lancer une petite activité commerciale.
Équipement du foyer : Distribution d'articles ménagers, de meubles, ainsi que de matelas, couvertures, draps et tapis.
Encadrement strict : Tous les candidats ont soumis leur dossier à un dépistage médical complet, un suivi psychologique et des séances de conseil conjugal pour s'assurer que l'ensemble des conditions légales et religieuses soient remplies.
Le gouverneur Abba Kabir Yusuf a qualifié l'événement d'« intervention sociale audacieuse », visant à consolider le tissu social de cet État très peuplé et profondément ancré dans la culture islamique. Lors de la bénédiction accordée par le grand imam de Kano, le professeur Sani Zahraddeen, l'accent a été mis sur la protection des femmes vulnérables (notamment les veuves et les divorcées) et la création de foyers stables.
Cette politique de protection sociale, devenue une tradition sous l'administration Yusuf, démontre comment les initiatives publiques peuvent restaurer la dignité et l'espoir au cœur des communautés les plus éprouvées.
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