Terrorisme au Sahel : le Mali met à prix la tête d'Iyad Ag Ghaly, Amadou Kouffa et de plusieurs chefs rebelles et djihadistes

Au sommet de cette liste d'avis de recherche se trouve Iyad Ag Ghaly, figure historique des rébellions touarègues des décennies passées, devenu le chef incontesté du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), la puissante alliance affiliée à Al-Qaïda au Sahel.
Pour sa capture, les autorités maliennes proposent une somme colossale : 2 milliards de francs CFA (environ 3,55 millions de dollars / 3 millions d'euros). Déjà visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité et sous sanctions de l'ONU, l'ex-diplomate est aujourd'hui l'homme le plus traqué de la région.
Iyad Ag Ghaly n'est pas le seul dans le viseur des services de renseignement maliens. Les primes s'échelonnent de 500 millions à 1,5 milliard de francs CFA pour six autres cibles de premier plan :
Amadou Kouffa (de son vrai nom Hamadoun Hassan Sankaré) : Le leader de la Katiba Macina, fer de lance du JNIM dans le centre du Mali, voit sa tête mise à prix pour 1,5 milliard de francs CFA.
Abdoulaye Mahamadou Bekaye Diallo (alias Doulé Bib de Nampala) : Également évalué à 1,5 milliard de francs CFA.
Alghabass Ag Intallah : Chef du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et figure politique majeure du Front de libération de l'Azawad (FLA), sa prime s'élève à 1 milliard de francs CFA.
Bilal Ag Acherif, Seden Ag Hita et d'autres commandants opérationnels voient leurs têtes mises à prix pour des montants allant jusqu'à 500 millions de francs CFA.
Cette annonce survient alors que le Mali traverse une période de fortes tensions sécuritaires, marquée par de violents affrontements croisés entre l'armée malienne (soutenue par ses partenaires russes), les groupes djihadistes du JNIM et les mouvements rebelles du Nord regroupés au sein du FLA.
Pour le pouvoir de Bamako mené par le colonel Assimi Goïta, cette stratégie des « avis de recherche payants » répond à plusieurs objectifs :
Créer la dissension interne : En faisant miroiter des sommes astronomiques dans des régions économiquement asphyxiées, Bamako espère susciter des trahisons au sein même des cercles rapprochés de ces chefs.
Légitimer la traque : En amalgamant dans un même communiqué leaders djihadistes d'Al-Qaïda et chefs politiques de la rébellion touarègue, le gouvernement réaffirme sa position : aucune distinction ne sera faite entre séparatistes et terroristes.
Reprendre l'initiative psychologique : Après plusieurs attaques meurtrières subies sur le terrain ces derniers mois, cette annonce cherche à projeter l'image d'un État offensif et déterminé à frapper le commandement adverse à la racine.
Reste à savoir si la guerre du renseignement humain, ainsi financée à coups de milliards, parviendra à briser le mur de protection dont bénéficient ces chefs de guerre dans le désert sahélien depuis plus d'une décennie.
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