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Tchad : Tempête chez les magistrats après les propos polémiques du ministre de la Sécurité publique

Tchad : Tempête chez les magistrats après les propos polémiques du ministre de la Sécurité publique

Des propos jugés « attentatoires » à la Justice
À l'origine de cette crise, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux le 24 mai dernier. On y entend le ministre de la Sécurité publique, Ali Ahmat Akhabach, lancer des directives particulièrement virulentes à l'encontre de certaines décisions de justice :

« Si vous identifiez de fausses ordonnances, il faut les déchirer et les jeter au visage de leurs auteurs. Et si vous ne pouvez pas le faire, amenez-les moi, je m’en chargerai. »

Ces déclarations ont immédiatement provoqué une vive indignation au sein de la magistrature tchadienne. Pour les représentants de la justice, ces mots dépassent la simple maladresse et s'attaquent directement aux fondements mêmes de l'État de droit.
La réaction de la profession ne s'est pas fait attendre. Vingt-quatre heures seulement après la diffusion de la vidéo, les bureaux exécutifs des deux principaux syndicats de magistrats ont annoncé le dépôt d'une plainte officielle contre le ministre.

Réunis ensuite en assemblée générale extraordinaire, les magistrats ont choisi de maintenir leur action judiciaire, et ce, malgré les excuses présentées publiquement par le chef du gouvernement ainsi que par le ministre concerné.

Pour Raphaël Ponga N’Guemangue, conseiller du Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SAMT), l'enjeu dépasse la corporation :

« Ces propos n’offensent pas seulement les magistrats, mais offensent l’institution judiciaire qui est un pouvoir reconnu par la Constitution. Et nous disons que les décisions que les juges rendent — les ordonnances qui sont menacées d’être déchirées et jetées — sont rendues au nom du peuple tchadien, et donc au nom du troisième pouvoir de la République. »
Un sursis de 10 jours accordé
Si les circonstances exactes dans lesquelles ces propos ont été tenus restent encore floues, la tension reste palpable à N'Djamena. Les organisations syndicales ont accordé un délai de dix jours à leur bureau exécutif pour suivre de près l’évolution de la plainte et déterminer les suites à donner à cette affaire.

Ce bras de fer inédit entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire met en lumière la fragilité des relations entre les institutions, alors que les magistrats réclament plus que jamais le respect strict de leur dignité, de leur indépendance et de l'image de la justice.

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