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Tchad : Le gouvernement interdit la marche nationale des diplômés sans emploi prévue le 9 septembre

Tchad : Le gouvernement interdit la marche nationale des diplômés sans emploi prévue le 9 septembre

La marche pacifique projetée à travers le pays par les collectifs de diplômés sans emploi n’aura pas lieu. Par un arrêté pris par le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration, les autorités tchadiennes ont formellement interdit la mobilisation prévue pour le mercredi 9 septembre 2026 sur l’ensemble du territoire national.
Pour justifier cette interdiction, les autorités ont mis en avant des risques de « troubles à l’ordre public ». L'application stricte du décret a été confiée aux différents corps des forces de l'ordre : la Direction générale de la Police nationale (DGPN), la Gendarmerie nationale (DGGN), le Commandement de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT), ainsi qu’à la Délégation générale du gouvernement auprès de la commune de N’Djaména. Les organisateurs prévoyaient de descendre pacifiquement dans les rues de la capitale et de plusieurs grandes villes de province pour réclamer une intégration équitable à la fonction publique et dénoncer la précarité croissante de la jeunesse instruite.
Cette tentative de mobilisation intervient dans un contexte de vive tension sociale liée au chômage des jeunes. Malgré l'obtention de diplômes universitaires ou techniques, des milliers de jeunes se retrouvent exclus du marché formel du travail. Faute de recrutements suffisants dans la fonction publique et en raison de la faiblesse du secteur privé, une part écrasante des diplômés est contrainte de se tourner vers des petits commerces, des emplois journaliers ou des activités sans rapport avec leurs compétences.

Selon des données récentes, le taux d'inactivité chez les 15-24 ans au Tchad dépasse les 60 %, accentuant le sentiment de déclassement parmi les diplômés.
Si le déploiement sécuritaire empêchera le rassemblement de mercredi dans les rues, l'interdiction ravive le mécontentement au sein de la société civile. Les porte-paroles des collectifs de diplômés rappellent que la question du chômage ne peut être résolue par des arrêtés d'interdiction et appellent les pouvoirs publics à ouvrir un dialogue direct sur l'insertion professionnelle et la transparence des recrutements.

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