Tchad-France : Vers un nouveau partenariat lors de la rencontre entre Mahamat Idriss Déby et Emmanuel Macron à l'Élysée

Ce mardi 13 octobre, le Palais de l'Élysée s'apprête à dérouler le tapis rouge au Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Officiellement, il s'agit d'une simple « visite de travail » pour sceller un partenariat renouvelé. Mais derrière les sourires protocolaires et les poignées de main figées devant les caméras, c'est un véritable exercice de haute voltige politique et un numéro de dupsterisme géopolitique qui se joue.
Un an après les secousses de la rupture des accords militaires et les départs successifs des troupes, Paris et N'Djamena dansent sur un volcan, entre intérêts bien compris et méfiance viscérale.
On nous martèle que la page est tournée, que les relations entre la France et le Tchad sont désormais « décomplexées » et fondées sur une égalité souveraine. Quelle mascarade !
Alors que les derniers bastions militaires tricolores plient bagage, l'Élysée redécouvre subitement les vertus de son « meilleur élève » au Sahel. Pourquoi ? Parce que le vide stratégique s'avère terrifiant. La France, évincée du reste du Sahel, s'accroche désespérément à N’Djamena comme à une bouée de sauvetage en eaux troubles.
Quant au pouvoir tchadien, il jongle habilement avec les cartes du repositionnement international, jouant des coudes avec d'autres puissances tout en venant mendier et négocier à Paris l'onction diplomatique et les subsides nécessaires à sa survie politique.
Pendant que les deux dirigeants discutent des grands équilibres géopolitiques dans les dorures de la République, la réalité du terrain tchadien est tout autre. Les promesses d'un développement partagé peinent à masquer l'asymétrie profonde d'une relation où les élites s'arrangent avec les puissances étrangères tandis que la population continue de payer le prix fort de l'instabilité et de la pauvreté.
Ce sommet du 13 octobre ne marquera pas l'aube d'une ère nouvelle. C'est le bal des hypocrites d'une diplomatie en fin de course, où l'on fait semblant de réinventer l'avenir pour mieux préserver les rentes du passé. Jusqu'à la prochaine crise.
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