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SÉNÉGAL

Sénégal : Crise ouverte après le rejet du budget rectificatif 2026 par l'Assemblée nationale

Sénégal : Crise ouverte après le rejet du budget rectificatif 2026 par l'Assemblée nationale

La tension institutionnelle a franchi un nouveau pallier à Dakar. L'Assemblée nationale du Sénégal a rejeté ce mardi 3 novembre 2026 le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 présenté par le gouvernement. Ce vote sanction, prononcé par 109 voix pour le rejet contre 20 voix pour (et 3 abstentions) sur 132 votants, plonge le pays dans une profonde incertitude économique et politique.
Ce camouflet infligé à l'exécutif intervient dans un contexte de forte fragilité financière, le Sénégal affichant une dette publique estimée à 132 % du PIB à la fin de 2024 et cherchant à finaliser un accord crucial avec le Fonds monétaire international (FMI) pour une aide de 2,2 milliards de dollars.
Les débats en plénière, écourtés à la demande du député Amadou Ba (membre du parti majoritaire Pastef), ont reflété la rupture consommée entre une frange majeure de la représentation nationale et l'équipe gouvernementale. Le parti majoritaire a invoqué l'opacité du texte pour refuser toute discussion au fond :
-Absence de données clés : Le groupe parlementaire a pointé l'impossibilité d'analyser convenablement le budget en raison de documents non communiqués par l'exécutif.
-Défaut de "sincérité budgétaire" : Par la voix de son président de groupe Ayib Daffé, le Pastef a déploré l'insuffisance des mesures de lutte contre la vie chère et l'absence de garanties pour stabiliser les prix du carburant face aux tensions internationales sur les hydrocarbures.

Du côté du gouvernement, l'amertume est palpable. Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a vivement réagi face aux députés :

"Ce n'est pas bon de jouer. Vous n'avez que le prétexte de sincérité budgétaire pour remettre en cause un projet aussi important que le projet de loi de finances rectificative."
Le rejet de ce budget rectificatif menace directement plusieurs secteurs vitaux de l'économie sénégalaise et pèse lourdement sur la crédibilité du pays auprès des bailleurs internationaux :

-L'accord avec le FMI en suspens : Le conseil d'administration du FMI n'ayant toujours pas validé l'accord de principe conclu en septembre, ce blocage politique jette un doute sérieux sur le décaissement de l'enveloppe de 2,2 milliards de dollars.
-La menace sur les services de base : L'exécutif avait averti en amont qu'un rejet compromettrait l'approvisionnement régulier en électricité, le subventionnement du gaz domestique, le paiement de la dette due aux entreprises ainsi que le versement des rappels de salaires aux enseignants.

-L'explosion des charges : L'enveloppe nécessaire pour amortir les tarifs de l'électricité et du gaz avait notamment grimpé de 250 milliards à plus de 790 milliards de FCFA sous l'effet de la conjoncture internationale.
Cette séquence met en lumière les turbulences politiques traversées par le pays, sur fond de divergences au sommet de l'État entre la ligne du Pastef (dirigé par le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko) et l'exécutif emmené par le président Bassirou Diomaye Faye.

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