RDC : Le braquage constitutionnel aura-t-il lieu ? L'opposition accuse, la Cour s'exécute

À Kinshasa, le vernis démocratique s'effrite un peu plus chaque jour. En déroulant le tapis rouge à la loi sur le référendum, la Cour constitutionnelle de République démocratique du Congo vient de livrer la pièce manquante du puzzle politique de Félix Tshisekedi. Derrière le jargon juridique et les pseudo-réserves émis par les juges se cache une réalité brutale : la machine à sous-traiter le maintien au pouvoir est en marche. Face à cette manœuvre grossière, la coalition d'opposition C64 — portée notamment par Ensemble pour la République de Moïse Katumbi — monte au créneau et dénonce un véritable complot institutionnel.
Il fallait un habillage légal pour concrétiser les velléités de révision de la Loi fondamentale. C'est désormais chose faite. En déclarant le projet de loi référendaire « conforme » à la Constitution, la plus haute juridiction du pays a scellé sa complicité avec le camp présidentiel.Les juges ont certes feint la modération en bridant 13 articles, mais la ruse est trop grosse pour passer inaperçue : en autorisant le chef de l'État à consulter le peuple sur un changement total de Constitution, la Cour offre sur un plateau d'argent le moyen de remettre les compteurs des mandats à zéro. « Ce n'est pas une décision de justice, c'est un arrêt de mort infligé à l'alternance démocratique en RDC. »
Pour Moïse Katumbi et ses alliés du regroupement C64, l'heure n'est plus aux politesses diplomatiques. Le scénario rappelle étrangement les heures sombres du régime Kabila, quand le pouvoir tentait déjà d'imposer un "troisième penalty" contesté.
Les griefs formulés par la C64 contre le pouvoir de Tshisekedi sont cinglants :
Un déni des réalités nationales : Alors que le Nord-Kivu s'enfonce dans la guerre et que les fonctionnaires croupissent sous l'inflation, la seule urgence de la présidence est le bricolage constitutionnel.
La capitulation des institutions : La Cour constitutionnelle s'est définitivement muée en instrument d'ingénierie politique au service de l'Union sacrée.
Le mépris du peuple : Vendre un projet de "nouvelle République" au nom d'un peuple asphyxié par la pauvreté relève du cynisme pur.
Félix Tshisekedi a prévenu : il acceptera un troisième mandat « si le peuple le souhaite ». Une formule convenue qui dissimule à peine une ambition d'éternité politique. Mais le "peuple", le vrai, risque de donner sa réponse bien avant les urnes d'un référendum sur mesure. La C64 a d'ores et déjà appelé à une grande mobilisation populaire. Face à un régime prêt à sacrifier l'équilibre institutionnel pour préserver ses privilèges, la rue congolaise s'impose à nouveau comme le dernier rempart contre la dictature. La bataille pour la Constitution de 2006 ne fait que commencer — et elle s'annonce explosive.
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