Rail Cameroun-Tchad : Le tracé de la discorde bloque ce projet à 5 000 milliards de FCFA

Le 5 juin dernier, la présidence camerounaise a officiellement tranché en faveur d’un tracé de près de 1 000 kilomètres. L'option validée par Yaoundé prévoit de faire passer le train par les grandes villes du Grand Nord camerounais :
Ngaoundéré
Garoua
Maroua
Kousseri
N'Djamena (terminus)
Le problème ? Pour le Tchad, cette décision a été prise sans son accord final. Selon un communiqué relayé par le ministère tchadien des Transports et rapporté par Tchadinfos, N'Djamena rappelle que « toutes les options demeurent à l’étude » et exige une concertation bilatérale stricte avant toute validation définitive.
Trois corridors étaient initialement en compétition. Le blocage actuel réside dans des visions économiques diamétralement opposées entre les deux voisins.
Le coût de ce mégaprojet donne le vertige : selon les différentes études disponibles, l'enveloppe globale est estimée entre 4 000 et plus de 6 000 milliards de FCFA.
Pour le Tchad, l'enjeu est vital. Dépourvu de façade maritime, le pays dépend quasi exclusivement des corridors routiers pour ses importations et exportations. Cette ligne de train doit lui offrir une ouverture hautement stratégique et directe vers le port de Douala, via le réseau ferré camerounais déjà existant. À la clé : une baisse drastique des coûts logistiques et une fluidification historique du transport de marchandises.
Malgré ce coup de froid, pas question pour autant d'enterrer le projet. Les deux gouvernements réaffirment leur volonté commune de faire rouler ce train. Toutefois, la diplomatie technique semble avoir atteint ses limites.
De nombreux observateurs s'accordent à dire que pour débloquer le dossier et valider enfin un tracé commun, un arbitrage direct au plus haut sommet de l'État sera nécessaire entre le président camerounais Paul Biya et le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno.
Le destin de ce corridor économique crucial, censé sceller l'union entre le Sahel et le golfe de Guinée, est désormais entre leurs mains.
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