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NIGERIA

Nigeria : la justice britannique rejette le ultime recours de James Ibori, la confiscation de 136 millions de dollars confirmée

Nigeria : la justice britannique rejette le ultime recours de James Ibori, la confiscation de 136 millions de dollars confirmée

C’est un revers judiciaire majeur pour l’une des figures politiques les plus emblématiques de l’histoire de la corruption nigériane. Mardi, un tribunal londonien a officiellement rejeté le recours de James Ibori, ancien gouverneur de l’État pétrolier du Delta. Cette décision confirme une ordonnance de confiscation de 136,05 millions de dollars (environ 101,5 millions de livres sterling), l’une des plus lourdes jamais prononcées à l'encontre d'un individu par la justice du Royaume-Uni.
James Ibori tentait d'obtenir une réduction de cette somme colossale d'environ 4,3 millions de livres. Ses avocats contestaient les calculs et la structure de l'ordonnance de confiscation prononcée en 2023 par le tribunal pénal de Londres.

En rejetant ses arguments ce mardi, la Cour d'appel a balayé les derniers verrous juridiques qui bloquaient l'exécution de la procédure. Sauf improbable et ultime saisine de la Cour suprême britannique par l’ancien gouverneur, les autorités vont désormais pouvoir accélérer la saisie effective de ces biens mal acquis.
Ce jugement marque un nouveau jalon dans un feuilleton judiciaire titanesque amorcé il y a plus de deux décennies :

-Les faits (1999-2007) : Durant ses deux mandats à la tête de l'État du Delta, James Ibori a détourné des dizaines de millions de dollars de fonds publics, blanchis massivement à travers le système bancaire britannique et des investissements immobiliers de prestige.

-La traque et la condamnation (2011-2012) : Après une enquête conjointe des services anticorruption nigérians et britanniques, il s'était enfui à Dubaï avant d'être extradé vers le Royaume-Uni en 2011. En 2012, il a plaidé coupable de blanchiment et de fraude, écopant d’une peine de 13 ans de réclusion.

-La libération : Ayant purgé la moitié de sa peine, il a été libéré fin 2016 avant de regagner le Nigeria début 2017.
Pour les organismes de lutte contre la corruption et les observateurs internationaux, cette décision confirme la détermination de Londres à traquer les avoirs criminels transnationaux. Elle relance également l'espoir, du côté de la société civile nigériane, de voir une partie de ces immenses capitaux restituée aux populations locales du delta du Niger, directement lésées par ces détournements massifs.

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