N'Djamena noyée par l’incompétence : La pluie passe, le mépris d’État reste !

Chaque année, c'est le même scénario macabre, la même tragédie prévisible. Le ciel gronde, les nuages s'amoncellent, et avant même que la première goutte ne touche le sol, l'angoisse étreint le cœur des n'djamenois. Puis, le déluge arrive, transformant la capitale tchadienne en une Venise boueuse et insalubre, témoin impuissant de l'échec cuisant de décennies de politiques urbaines et de l'indifférence glaciale de ceux qui nous gouvernent.
l'image ci-haut n'est pas une simple image de saison ; c'est un réquisitoire visuel, une preuve irréfutable de notre naufrage collectif. Regardez ces femmes, drapées dans leur dignité et leurs voiles, forçant le pas dans une eau croupie qui leur arrive aux mollets. Admirez ce jeune homme, poussant courageusement une charrette, son gagne-pain dérisoire, dans un fleuve d'immondices stagnantes. Ce ne sont pas des citoyens vivant dans une capitale du XXIe siècle ; ce sont des naufragés dans leur propre ville.
Où sont les canaux de drainage promis ? Où sont les systèmes d'assainissement modernes pour lesquels des milliards de francs CFA ont été prétendument engloutis ? Disparus, évaporés dans les méandres de la corruption et de l'incompétence. Chaque "plan d'urgence" n'est qu'une couche de peinture fraîche sur une structure pourrie, une annonce médiatique creuse pour calmer une colère légitime, jusqu'à la prochaine averse.
L'impact est dévastateur, et il ne s'agit pas seulement de chaussures mouillées. C'est l'économie informelle qui s'effondre à chaque orage. Comment le marchand peut-il vendre ses produits quand son marché est un marécage ? C'est la santé publique qui est prise en otage. Ces eaux stagnantes sont des bouillons de culture pour le choléra, le paludisme et la typhoïde, frappant de plein fouet les plus vulnérables qui n'ont d'autre choix que de les traverser. C'est l'éducation des enfants qui est interrompue, les écoles devenant inaccessibles.
Et pendant que la population patauge dans la fange, l'élite politique, calfeutrée dans ses villas protégées par des digues privées, regarde ailleurs. Pour eux, la pluie est une gêne passagère pour leur 4x4 climatisé. Pour la majorité, c'est une lutte quotidienne pour la survie et la dignité.
Cette situation n'est pas une fatalité divine, c'est un choix politique. C'est le choix de privilégier le prestige au détriment du nécessaire, de construire des palais plutôt que des égouts. C'est le choix de laisser une population entière se noyer dans son propre désespoir, année après année.
Il est temps de dire : ASSEZ. Assez des promesses non tenues. Assez des discours lénifiants.
L'image en dessus doit devenir un symbole de notre indignation et un catalyseur pour le changement. Nous ne demandons pas la lune, nous demandons simplement le droit de marcher dans nos rues sans craindre la maladie et l'humiliation. Nous demandons une ville digne de ce nom. Et si ceux qui sont au pouvoir ne peuvent pas nous la donner, il est temps qu'ils fassent place à ceux qui le peuvent.
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