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N’Djamena au cœur de l'or bleu : Le Forum Africain de l'Eau s'ouvre sous le signe de l'urgence et de l'action

N’Djamena au cœur de l'or bleu : Le Forum Africain de l'Eau s'ouvre sous le signe de l'urgence et de l'action

La capitale tchadienne est devenue, ce mercredi 15 juillet 2026, l'épicentre des discussions environnementales du continent. Co-organisé par le gouvernement tchadien et la Banque mondiale, le Forum Africain de l'Eau a officiellement ouvert ses portes. Réunissant plusieurs chefs d’État, ministres et experts internationaux sous le thème ambitieux « De la vision à l'action », ce sommet crucial ambitionne de répondre à l'un des plus grands défis du XXIe siècle : garantir la sécurité hydrique d'une Afrique en pleine croissance face aux assauts du changement climatique.

Le parterre de dirigeants présents à N’Djamena témoigne de la gravité de l'heure. Parmi les figures marquantes, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, dont le pays abrite l'un des plus grands bassins fluviaux du monde, et le ministre d'État béninois de l'Économie et des Finances, Romuald Wadagni, figure de proue des solutions de financement innovantes sur le continent.

Tous sont venus s'accorder sur un constat sans appel : l’heure des déclarations de principe est révolue. Il faut désormais des financements massifs et des infrastructures concrètes.
L'Afrique fait face à un paradoxe criant. Alors que le continent regorge de ressources hydriques gigantesques — du fleuve Congo au Nil, en passant par le bassin du Niger et le fleuve Zambèze —, plus de 400 millions d'Africains n’ont toujours pas un accès sécurisé à l'eau potable.

Ce stress hydrique n'est plus seulement une crise humanitaire ou sanitaire ; il est devenu un frein économique majeur et un catalyseur d'instabilité géopolitique. Avec le réchauffement climatique, les sécheresses prolongées et l'irrégularité des saisons des pluies, les nappes phréatiques s'épuisent et les tensions entre agriculteurs et éleveurs s'intensifient à travers le Sahel.
Au centre des tables rondes de cette première journée, une question cruciale a polarisé les débats : comment financer les infrastructures de distribution et d'assainissement ?

Les budgets publics des États africains, souvent étranglés par la dette et les urgences sécuritaires, ne peuvent plus supporter seuls ces investissements colossaux, estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an.

C'est ici que le partenariat avec la Banque mondiale prend tout son sens. Le Forum explore de nouveaux mécanismes financiers :

Les obligations vertes (Green Bonds) : pour attirer les investisseurs internationaux soucieux d'impact environnemental.

Les partenariats public-privé (PPP) : pour moderniser la gestion des réseaux de distribution urbains et ruraux.

Les fonds d'adaptation climatique : afin de canaliser l'aide internationale directement vers des projets d'usines de potabilisation et de réseaux d'irrigation agricoles résilients.
Accueillir ce forum à N’Djamena revêt une portée hautement symbolique. Le Tchad abrite le lac éponyme, le Lac Tchad, véritable mer intérieure qui fait vivre plus de 40 millions de personnes réparties sur quatre pays (Tchad, Cameroun, Niger, Nigeria).

Le sort du Lac Tchad est le parfait miroir des défis abordés lors du sommet. Ayant perdu une immense partie de sa surface en un demi-siècle sous l’effet combiné de la sécheresse et des prélèvements humains, il incarne l’urgence absolue d’une gestion transfrontalière concertée.

Lors de son discours d’ouverture, le président Mahamat Idriss Déby Itno a rappelé que la survie du bassin du Lac Tchad dépend de projets ambitieux de revitalisation et d'irrigation durable. Pour le Tchad, préserver ce sanctuaire écologique n'est pas une option, c'est une question de sécurité nationale et de subsistance pour des millions de foyers.
En se rassemblant à N’Djamena, les leaders africains envoient un message clair au monde : l'Afrique refuse d'être la victime passive du dérèglement climatique mondial. En connectant la préservation de l'environnement, le développement économique et la justice sociale, ce Forum Africain de l'Eau pose les jalons d'une gestion solidaire de l'or bleu.

Les prochains jours du sommet seront décisifs pour transformer les engagements politiques en signatures de projets concrets sur le terrain. L'avenir de 400 millions de personnes en dépend.

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