Le Tchad rejette les accusations de l’ONU sur de victimes civiles lors des frappes contre Boko Haram

N’DJAMENA — Le gouvernement tchadien a vivement réagi aux récentes déclarations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). Ce dernier fait état de potentielles victimes civiles lors des opérations aériennes menées par l’armée tchadienne contre les positions de la secte terroriste Boko Haram dans la région stratégique du lac Tchad.
Par la voix de son ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, 𝐆𝐚𝐬𝐬𝐢𝐦 𝐂𝐡é𝐫𝐢𝐟 𝐌𝐚𝐡𝐚𝐦𝐚𝐭 , le Tchad a exprimé sa « surprise » et réfuté catégoriquement des allégations jugées infondées et attentatoires à l'honneur de ses forces de défense.
Des accusations jugées « graves » et « décrédibilisantes »
Lors d’un point de presse, le porte-parole du gouvernement n'a pas caché son indignation face aux rapports onusiens. Pour N’Djamena, ces affirmations ne reflètent en rien la réalité du terrain et portent un préjudice direct à l'image du pays.
« Ces accusations visent à discréditer l’armée tchadienne et peuvent porter atteinte à sa dignité », a martelé 𝐆𝐚𝐬𝐬𝐢𝐦 𝐂𝐡é𝐫𝐢𝐟 𝐌𝐚𝐡𝐚𝐦𝐚𝐭.
Le ministre a fermement rappelé que les forces armées tchadiennes agissent sous des protocoles stricts, qu'elles demeurent « professionnelles » et qu'elles se positionnent, depuis plus d'une décennie, en « avant-garde dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel et dans le bassin du lac Tchad ».
Un lourd tribut dans la région du lac Tchad
Cette passe d'armes intervient alors que la province du lac Tchad subit un regain de tensions sécuritaires. En réponse aux incursions répétées et meurtrières de la faction terroriste (notamment le groupe Jamā'at Ahl as-Sunnah lid-Da'wah wa'l-Jihād ou JAS), les autorités tchadiennes ont instauré l'état d'urgence dans cette zone frontalière et déclenché une vaste contre-offensive antiterroriste, combinant des opérations terrestres et des frappes aériennes ciblées.
Le gouvernement a tenu à rappeler à la communauté internationale les sacrifices consentis par le pays pour stabiliser le bassin régional :
Pertes humaines majeures : Des centaines de soldats tchadiens ont péri au fil des ans pour endiguer la menace terroriste.
Efforts logistiques et matériels massifs : Un investissement financier et militaire lourd pour un État faisant face à d'importants défis économiques.
L'option de la transparence : N'Djamena s'ouvre aux enquêtes
Soucieux de laver le professionnalisme de ses troupes de tout soupçon, le Tchad n'a pas choisi la voie du repli diplomatique. Bien au contraire, le ministre de la Communication a affirmé la totale disposition de l’État tchadien à faire toute la lumière sur la situation, sous le sceau de la transparence.
« Nous avons une justice indépendante et des institutions capables de conduire des enquêtes en toute transparence », a-t-il assuré. Dans cette optique, N’Djamena s'est dit prêt à formaliser une invitation à l'attention des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ainsi que d'autres instances internationales indépendantes. L'objectif affiché est clair : permettre à ces observateurs de se rendre directement sur le terrain afin de confronter les allégations aux réalités des zones de combat.
Alors que le bassin du lac Tchad reste une poudrière humanitaire et sécuritaire, ce bras de fer entre les Nations unies et l'un de ses principaux partenaires militaires d'Afrique centrale souligne une fois de plus la complexité des guerres asymétriques, où la protection des populations civiles se retrouve cruellement au centre des enjeux stratégiques.
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