Le président Romuald Wadagni scelle le dégel avec le Niger et le Burkina Faso

Cette démarche s'inscrit dans ce que la présidence béninoise qualifie de « diplomatie de bon voisinage active », une stratégie cruciale pour relancer l’économie régionale et sécuriser des frontières communes sous haute tension.
Le premier signal fort de cette tournée a eu lieu à Niamey. Reçu par le Général de corps d'armée Abdourahamane Tiani, président de la transition nigérienne, Romuald Wadagni est devenu le premier dirigeant béninois à fouler le sol nigérien depuis le coup d'État de juillet 2023.
Les discussions, qualifiées de fraternelles et hautement stratégiques, ont débouché sur des avancées concrètes :
Création d'un comité d'experts : Un groupe de travail conjoint a été immédiatement mis en place. Il dispose d'un délai strict de 15 jours pour recenser et lever tous les obstacles logistiques, politiques et douaniers afin de permettre la réouverture de la frontière Bénin-Niger.
Enjeux économiques majeurs : Cette fermeture pesait lourdement sur les deux nations. Historiquement, près de 80 % du fret nigérien transitait par le corridor de Cotonou. Si le flux de l'oléoduc géant permettant l’exportation du brut nigérien via le port béninois avait été préservé, le commerce de marchandises générales tournait au ralenti.
Front commun sécuritaire : Les deux hommes ont réaffirmé leur volonté d'unir leurs forces militaires pour combattre le terrorisme transfrontalier qui frappe durement le Sahel et la partie septentrionale du Bénin.
Ouagadougou, consolider l'axe Cotonou-Ouaga
Dans la foulée de son escale nigérienne, le président Wadagni s'est envolé vers Ouagadougou pour s'entretenir avec le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso.
Ici encore, les deux chefs d'État ont mis l'accent sur la nécessité de transcender les clivages politiques récents — notamment le retrait des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) de la CEDEAO — pour privilégier le pragmatisme économique et la sécurité des populations. L'axe routier reliant Cotonou à Ouagadougou est une artère vitale pour l'approvisionnement du Burkina Faso, pays enclavé, et sa sécurisation face aux groupes armés est devenue une priorité absolue pour les deux capitalises.
Une tournée qui se poursuit au Togo et en Côte d'Ivoire
Le président béninois ne compte pas s'arrêter là. Après avoir visité le Nigeria en début de semaine, puis le Niger et le Burkina Faso mardi, Romuald Wadagni est attendu ce mercredi 3 juin à Lomé pour échanger avec Faure Gnassingbé. Il devrait ensuite achever ce premier périple régional en Côte d'Ivoire.
En choisissant le dialogue direct dès le début de son mandat, Romuald Wadagni semble réussir son pari : repositionner le Bénin comme le partenaire de transit incontournable et stabilisateur de l'Afrique de l'Ouest.
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