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l'armée française réinvestit le Tchad par la porte dérobée

l'armée française réinvestit le Tchad par la porte dérobée

Chassée par la grande porte sous les vivats d’un peuple debout, l’armée française reprend pied sur le sol tchadien par la fenêtre. Moins de dix-huit mois après la rupture tonitruante des accords de défense et la rétrocession en fanfare des bases d'Abéché, de Faya et de Kosseï, l’illusion souverainiste vole déjà en éclats. Ce qui avait été vendu aux Tchadiens comme une émancipation historique et définitive n’aura été qu’une comédie politique de courte durée.
À N’Djamena, le discours officiel tente de maquiller ce recul avec un vernis technique : il ne s’agirait plus de « bases permanentes », mais d’une « assistance ciblée », de « renseignement », de « formation » et d’« appui aérien ». Les éléments de langage ne trompent personne. Rappeler les instructeurs et les officiers français pour combler les failles sécuritaires prouve une seule chose : l'incapacité criante du pouvoir à bâtir une défense nationale réellement autonome. Face aux soubresauts du bassin du lac Tchad et aux braises du conflit soudanais, l'empressement à se réfugier à nouveau sous le parapluie de l'ancienne puissance coloniale démontre que la rupture n'était qu'une posture de façade.
Pendant que l'on brandissait le nationalisme pour séduire l'opinion publique et neutraliser la contestation, les tractations souterraines préparaient déjà ce revirement. Ce pacte renouvelé n'a pas pour but de garantir la paix du citoyen tchadien lambda, mais de consolider un régime qui préfère marchander sa survie plutôt que de confier la destinée sécuritaire du pays à ses propres institutions.

Pendant plus de six décennies, cette présence militaire étrangère n’a jamais su éteindre les foyers d’instabilité ni instaurer une prospérité durable. Réintroduire les mêmes acteurs en espérant des résultats différents relève de la supercherie politique.

Les peuples africains, et la jeunesse tchadienne en tête, ne toléreront plus ce ballet de compromissions. Le retour des troupes françaises n'est pas un partenariat stratégique : c'est un aveu de faiblesse, une gifle infligée à la dignité nationale et le symbole d'une tutelle que l'on refuse d'abandonner.

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