l’administration Trump lie des transferts de migrants au Cameroun à une enveloppe de 35 millions de dollars

Un accord controversé combinant diplomatie sécuritaire et durcissement de la politique migratoire a été révélé au grand jour. Selon une enquête du Wall Street Journal publiée le 29 octobre 2026, l'administration de Donald Trump aurait conditionné un accord d’expulsion de migrants vers le Cameroun à une aide militaire d’environ 35 millions de dollars.
Négociés simultanément par des responsables du département d'État américain, le volet militaire et l'accord migratoire visent à externaliser une partie des expulsions américaines vers des États tiers.
Dans le détail, le dispositif prévoit l'octroi d'équipements de pointe, notamment la fourniture de véhicules blindés de transport de troupes au Bataillon d’intervention rapide (BIR), une unité spécialisée et hautement échelonnée des forces armées camerounaises. Cette même unité est historiquement engagée dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram dans le nord du pays. Un retour en arrière notable puisque, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019, Washington avait partiellement suspendu son assistance au BIR en raison de préoccupations liées aux droits humains, rappelle le Wall Street Journal.
Le Cameroun a commencé à concrétiser sa part de l'accord en accueillant des personnes expulsées des États-Unis dès décembre 2025. Selon des données gouvernementales américaines consultées par le Washington Post, au moins 36 immigrants originaires de pays tiers y ont déjà été transférés.
Cette situation a immédiatement suscité des remous juridiques et diplomatiques :
-Contestation judiciaire : Des migrants expulsés ont attaqué l'accord migratoire avec Washington en justice.
-Silence des exécutifs : Ni les autorités de Yaoundé ni l'administration Trump n'ont immédiatement commenté publiquement les révélations de la presse américaine.
-Tensions au Congrès : L'accord s'est heurté à l'opposition de parlementaires américains. La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen avait ainsi tenté de bloquer l'assistance militaire, en vain, le département d'État ayant choisi de maintenir le programme malgré ses réserves tout en assurant respecter la législation en vigueur.
Cette affaire met en lumière la nouvelle doctrine de l'administration américaine, qui imbrique étroitement ses objectifs de contrôle migratoire et sa coopération sécuritaire avec plusieurs gouvernements africains.
D'après une autre enquête du Washington Post, Washington aurait ainsi engagé ou promis au moins 410 millions de dollars pour faciliter l'ensemble de ses accords d'expulsion vers des pays tiers – un montant total qui n'a toutefois pas été officiellement confirmé par l'administration américaine.
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