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KENYA

Kenya : Neuf élèves devant la justice après l’incendie meurtrier d’un internat de jeunes filles

Kenya : Neuf élèves devant la justice après l’incendie meurtrier d’un internat de jeunes filles

L'onde de choc est immense au Kenya. Quelques jours seulement après le drame qui a ravagé le dortoir de ce pensionnat de filles réputé, lié aux services de la police nationale, l'enquête criminelle progresse à pas de géant. Les premiers interrogatoires menés par les services de la direction des enquêtes criminelles (DCI) dessinent le scénario d'un acte criminel d'une violence inouïe.
Selon les éléments transpirant des auditions policières, le feu n'aurait rien d'accidentel. Les suspectes auraient méticuleusement préparé leur geste au milieu de la nuit :

Le mode opératoire : Un matelas a été déplacé et positionné stratégiquement tout près de la sortie principale du dortoir.

Le déclencheur : Les élèves l'ont aspergé de paraffine (un combustible liquide couramment utilisé pour l'éclairage ou la cuisine) avant d'y mettre le feu à l'aide d'une simple allumette.

En embrasant ce matelas juste devant la porte, le feu a instantanément bloqué l'accès vers l'extérieur pour les quelque 220 jeunes filles qui dormaient à l'étage supérieur. Face à ce barrage de flammes et à l'épaisse fumée toxique dégagée par la combustion des mousses, nombre de victimes se sont retrouvées prises au piège. Pour s'en sortir, plusieurs adolescentes n'ont eu d'autre choix que de sauter par les fenêtres, se causant de graves fractures.

Le bilan provisoire fait état de 16 mortes et de 79 blessées, faisant de cet événement l'une des pires tragédies scolaires du pays depuis la rentrée précédente.
Si la méthode employée est désormais tristement claire pour les enquêteurs, une question cruciale reste en suspens : pourquoi ? Le mobile de cette attaque demeure à ce jour totalement inconnu. Les adolescentes arrêtées n'ont pas encore fourni d'explications claires sur ce qui a pu les pousser à commettre un tel acte contre leurs propres camarades de classe.

Au Kenya, la question des incendies volontaires dans les internats est un fléau récurrent. Par le passé, des vagues de contestations étudiantes liées au stress des examens, à la surcharge de travail ou à des conditions de vie spartiates avaient poussé des élèves à incendier leurs dortoirs. Toutefois, le blocage délibéré de la sortie principale marque ici un degré de gravité supérieur qui stupéfie le pays.
Le président William Ruto a qualifié l'événement de « tragédie inimaginable » et a promis que les responsables rendraient des comptes. De son côté, le ministre de l'Éducation a rappelé que l'État kényan menait une campagne stricte de fermeture des infrastructures scolaires ne respectant pas les normes de sécurité (issues de secours multiples, absence de grilles aux fenêtres). Plus de 350 établissements ont déjà été fermés depuis deux ans pour non-conformité.

Les neuf suspectes font face à des chefs d'inculpation particulièrement lourds, incluant l'incendie criminel et le meurtre.

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