Guinée : le général Mamadi Doumbouya frappe fort et radie 22 administrateurs territoriaux pour orpaillage illégal à Siguiri

La tolérance zéro affichée par Conakry dans la gestion des ressources minières franchit un nouveau cap. Le président de la transition en Guinée, le général Mamadi Doumbouya, vient de signer un décret d’une rare sévérité prononçant la radiation pure et simple de 22 administrateurs territoriaux, parmi lesquels figurent de hauts responsables de l’État, dont des préfets et des sous-préfets. En cause : leur implication directe ou leur complaisance coupable dans le scandale de l'orpaillage illégal qui gangrène la préfecture de Siguiri.
C’est un véritable séisme au sein de l'administration territoriale guinéenne. Les fonctionnaires sanctionnés sont accusés d’avoir failli à leur mission de protection de l’ordre public et des richesses nationales en tolérant, voire en facilitant, l’exploitation clandestine de l’or dans la riche zone aurifère de Siguiri.
En frappant les maillons locaux de l'autorité de l'État, le chef de l'État envoie un signal clair : aucun passe-droit ni compromis ne sera toléré face au pillage des ressources minières du pays, une activité informelle qui échappe massivement au contrôle fiscal et cause des ravages écologiques irréversibles.
Cette purge administrative s’accompagne d’un renforcement musclé de la présence militaire dans la zone. Le décret présidentiel prévoit également l'agrandissement et le renforcement du camp militaire de Kalakô, situé dans cette même région sous haute tension.
Cette infrastructure stratégique a vocation à devenir un point d'ancrage permanent pour sécuriser les sites aurifères, dissuader les velléités de réimplantation des orpailleurs clandestins et rétablir l'autorité absolue de l'État dans une zone longtemps considérée comme une zone de non-droit.
Cette décision radicale éclaire d’un jour nouveau les récents mouvements de populations observés aux frontières. La traque sans merci menée à Siguiri contre l'orpaillage illégal et les complicités administratives locales est précisément à l'origine du départ massif de milliers de travailleurs étrangers notamment burkinabè et des tensions logistiques qui secouent actuellement toute la sous région.
Déterminé à reprendre le contrôle de son économie minière, le pouvoir guinéen montre qu'il est prêt à nettoyer ses propres rangs pour imposer l'ordre et la légalité.
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