Guinée : 39 militaires et gendarmes radiés, dont plusieurs officiers, pour désertion

Les autorités guinéennes durcissent un peu plus le ton face à l'indiscipline au sein des forces de défense et de sécurité. Annoncée le 29 octobre 2026 à la télévision nationale, une nouvelle vague de radiations frappe au moins 39 militaires et gendarmes, répartis entre des sanctions ministérielles et un décret présidentiel.
Le gros des troupes sanctionnées fait l’objet d'un arrêté pris par le général Ibrahima Kalil Condé, ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale. Relayée par Africa Guinee, cette première décision concerne 34 sous-officiers, militaires du rang et élèves issus des trois composantes des forces armées, affectés dans de nombreuses régions du pays (Conakry, Kindia, Kankan, Forécariah, Guéckédou, Gaoual, Beyla, Siguiri et Labé).
Le détail de ces 34 radiations se répartit ainsi :
-La Gendarmerie nationale en première ligne avec 18 agents touchés (comprenant des adjudants-chefs, des adjudants, des maréchaux des logis-chefs et des élèves gendarmes).
-L'Armée de terre, qui enregistre 12 radiations.
-L'Armée de mer, qui compte 4 agents exclus.
Parallèlement à cet arrêté, un décret distinct pris par le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a prononcé la radiation pure et simple de cinq officiers pour désertion, en application des articles 24 et 25 du Statut général des militaires.
La liste nominative comprend :
-Le lieutenant-colonel Jean-Daniel Lamah
-Le capitaine Sékou Ahmed Keïta
-Le sous-lieutenant Aboubacar Touré (du Groupement des forces spéciales - GFS)
-Le sous-lieutenant Sékou Soumah (du GFS)
-Le sous-lieutenant Ibrahima Diogo Barry (affecté à la région de gendarmerie de Labé)
Ces mesures illustrent la volonté persistante de la transition guinéenne de moraliser les rangs de l'armée et de lutter contre l'absentéisme et les abandons de poste.
Cette politique de fermeté s'inscrit dans la continuité de précédentes décisions d'envergure. Pour rappel, le 25 août 2026, un précédent décret du président Mamadi Doumbouya avait déjà acté la radiation de 173 militaires pour désertion issus notamment des Forces spéciales, du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA), de la Marine et de la Gendarmerie, selon l'agence Xinhua. À travers ces actions répétées, la hiérarchie militaire cherche à réaffirmer le respect strict de la discipline et des obligations statutaires.
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