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OPINION

Gestion calamiteuse de la dengue au Tchad : Le ministère de la Santé au banc des accusés

Gestion calamiteuse de la dengue au Tchad : Le ministère de la Santé au banc des accusés

La coupe est pleine et la colère gronde dans les rues de N’Djamena comme dans les provinces. Alors qu’une épidémie de dengue sévit avec une violence inouïe frappant des milliers de citoyens et faisant déjà plusieurs dizaines de victimes et de cas recensés à travers le pays, la gestion pour le moins chaotique et l’inertie coupable du ministère de la Santé publique et de la Prévention suscitent l'indignation générale.
Pendant que les moustiques vecteurs prolifèrent dans des quartiers transformés en bouillons de culture à cause d'une insalubrité chronique et d'un assainissement inexistant, l'appareil sanitaire étatique s'est illustré par ses retards à l'allumage, son amateurisme et une politique de communication de crise frisant le déni.
Il aura fallu que le nombre de cas explose pour que les pontes du ministère daignent enfin décoller de leurs fauteuils climatisés. Des milliers de cas cumulés et des vies fauchées plus tard, les sorties médiatiques tardives et les visites de façade de derniers recours du ministre de la Santé ressemblent davantage à des opérations de communication de survie qu'à une véritable stratégie de riposte.

Où étaient les plans d'anticipation ? Où étaient les campagnes massives de démoustication et de sensibilisation avant que la maladie ne s'enracine durablement dans la capitale et dans plusieurs provinces comme le Ouaddaï, le Wadi Fira ou le Sila ? Longtemps, le département en charge de la Santé s'est complu dans l'attentisme, minimisant l'ampleur de la menace pendant que les hôpitaux publics débordaient de patients fiévreux livrés à eux-mêmes.
Le calvaire des N’djamenois ne se limite pas à l'agression des vecteurs de la maladie ; il se poursuit tragiquement au sein même des structures sanitaires publiques. Confrontées à la cherté de la vie et au manque criant de dispositifs d'aide immédiats, les familles ont longtemps dû faire face à des tracasseries inacceptables avant que des mesures d'urgence ne soient enfin arrachées sous la pression populaire.
L'incurie du ministère de la Santé se paie aujourd'hui au prix fort. En tardant à coordonner une riposte efficace, en faillant lamentablement sur le front de la prévention urbaine et en affichant une légèreté coupable face aux alertes sanitaires, l'administration de la santé publique a démontré sa déconnexion totale face aux urgences vitales de la population.

À N'Djamena, l'heure n'est plus aux communiqués de autosatisfaction ni aux promesses sans lendemain : la gestion calamiteuse de cette crise sanitaire expose au grand jour l'incompétence d'un système qui, à chaque urgence, semble toujours un temps de retard sur la mort.

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