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GÉOPOLITIQUE

géopolitique au Sahel : Washington salue le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CPI

géopolitique au Sahel : Washington salue le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CPI

Dans un geste diplomatique fort, les États-Unis ont officiellement apporté leur soutien à la décision du Mali, du Burkina Faso et du Niger de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Ce samedi, lors d'un échange avec les autorités maliennes, Washington a frontalement attaqué la juridiction de La Haye, qu'elle qualifie de « Cour pratiquant une justice sélective ».

L'Afrique de l'Ouest et le Sahel continuent de redessiner leurs alliances stratégiques. Réunis au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger viennent de franchir une étape cruciale vers la rupture avec les institutions judiciaires mondiales, une démarche activement saluée par la diplomatie américaine.
Le secrétaire d'État adjoint américain, Garcia, s'est entretenu ce samedi avec le ministre malien des Affaires étrangères pour aborder ce retrait officiel. Selon le communiqué américain, cet échange fait suite à des discussions similaires menées avec les diplomaties du Burkina Faso et du Niger.

Au-delà du simple respect de la souveraineté de ces pays, Washington a partagé la rhétorique de l'AES pour discréditer la CPI :

Les États-Unis qualifient la CPI de « Cour pratiquant une justice sélective et des procédures judiciaires instrumentalisées ».

Cette offensive verbale n'est pas surprenante de la part des États-Unis, qui n'ont jamais ratifié le Statut de Rome (le traité fondateur de la CPI) et redoutent son influence. En courtisant l'AES, Washington cherche à maintenir un ancrage dans la région et a exprimé sa volonté affirmée de poursuivre la coordination avec ces trois États sur les questions de sécurité régionale et d'autres priorités communes.
Les dirigeants sahéliens justifient ce choix par la nécessité de reprendre le contrôle total de leur souveraineté judiciaire, dénonçant un acharnement et un traitement biaisé des dossiers africains par rapport au reste du monde.
Malgré le signal politique fort que représente ce départ, la rupture juridique n'est pas immédiate ni rétroactive. Fondée en 2002 pour juger les crimes les plus graves (génocides, crimes de guerre), la CPI conserve ses prérogatives sur le passé.

Le Statut de Rome stipule que le retrait n'annule pas les obligations contractées pendant la période d'adhésion. Ainsi, l'enquête ouverte par la CPI au Mali depuis 2013 se poursuit et ne sera pas affectée par cette décision.

Toutefois, ce triple retrait de l'AES, légitimé par l'une des premières puissances mondiales, porte un coup terrible à la crédibilité universelle de la Cour de La Haye, de plus en plus contestée et soumise à d'intenses pressions diplomatiques sur la scène internationale.

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