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Filière bétail : le Cameroun sous la menace d’une flambée des prix de la viande bovine après l’arrêt programmé des exportations tchadiennes en 2028

Filière bétail : le Cameroun sous la menace d’une flambée des prix de la viande bovine après l’arrêt programmé des exportations tchadiennes en 2028

Une décision stratégique souveraine à N'Djamena fait l’effet d’un séisme économique dans les capitales de la sous-région. En décidant de prohiber l’exportation de bétail sur pied à compter du 1er janvier 2028, le Tchad entend stimuler sa propre industrie de transformation locale. Mais pour le Cameroun, qui dépend massivement de son voisin pour l’approvisionnement de ses marchés, cette transition fait planer le spectre d’une crise majeure et d’une envolée des prix de la viande bovine.
Pour comprendre l’angoisse des acteurs de la filière bétail au Cameroun, il suffit de regarder les chiffres. Le Tchad représente à lui seul plus de 40 % de l'approvisionnement en bovins des marchés camerounais. Des dizaines de milliers de têtes de bétail traversent chaque année la frontière pour alimenter les abattoirs de Yaoundé, de Douala et des grandes métropoles du pays.
Si l’objectif affiché du gouvernement tchadien est noble valoriser la filière viande en exportant des produits finis ou semi-finis plutôt que des animaux vivants, la mise en œuvre de cette mesure bouleverse brutalement les équilibres traditionnels du commerce transfrontalier en zone CEMAC.
À mesure que l'échéance de 2028 se rapproche, les professionnels de la filière et les consommateurs redoutent un double impact :
-Une pénurie de bœufs sur pied dans les parcs à bétail camerounais, les éleveurs tchadiens étant invités à réorienter leurs bêtes vers les abattoirs industriels locaux.
-Une inflation galopante du prix de la viande de bœuf, déjà soumise à de fortes tensions sur le marché local, menaçant directement le pouvoir d'achat des ménages.
Faute d'alternatives immédiates ou d'une production nationale suffisante pour combler un tel déficit, les bouchers et les distributeurs camerounais craignent de ne plus pouvoir s'approvisionner aux mêmes conditions tarifaires.
Face à ce choc annoncé, la pression est désormais sur les autorités et les acteurs économiques camerounais. L'enjeu est double : anticiper le tarissement des flux de bétail vivant en stimulant la production locale à travers l'intensification de l'élevage national, et engager des discussions bilatérales avec N'Djamena pour explorer des formules de transition concertées (comme l'exportation de viande transformée aux normes ou l'accompagnement d'investissements conjoints).

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