Exode des orpailleurs burkinabè de Guinée : Ouagadougou et Bamako à la rescousse d’urgence

La décision radicale de Conakry de sévir contre l’orpaillage illégal et informel dans le nord-est de son territoire entraîne d'importantes turbulences géopolitiques et humanitaires en Afrique de l’Ouest. Pris au piège de ces interdictions, plus de 8 000 ressortissants burkinabè font l’objet d’un rapatriement d’urgence orchestré par leur gouvernement.
Face à la détresse de ces milliers de travailleurs économiques brusquement privés de leurs sources de revenus, les autorités burkinabè ont activé une cellule de réponse rapide. Dans la nuit de mardi à mercredi, un convoi massif, composé de centaines de cars, a été dépêché sur le terrain pour exfiltrer et ramener au bercail les compatriotes concernés, dont une partie s'était réfugiée ou se trouvait en transit au Mali voisin.
La crise dépasse les frontières du seul Burkina Faso. Les autorités maliennes ont également rapporté un afflux massif de ressortissants étrangers à leurs portes, fuyant les zones minières guinéennes bouclées par les forces de sécurité. Bamako a ainsi mis en place des dispositifs d’accueil et d’assistance d’urgence pour parer au plus pressé.
Dans un esprit de solidarité sous-régionale, une délégation gouvernementale burkinabè est attendue au Mali afin de prêter main-forte aux équipes locales et d'apporter un soutien direct aux compatriotes bloqués ou en difficulté sur le sol malien.
Cette vague de retours forcés met en lumière la vulnérabilité des milliers de jeunes Ouest-Africains qui voyaient dans l'orpaillage artisanal transfrontalier l'unique échappatoire au chômage. Dépouillés de leurs équipements et de leurs économies, ces rapatriés regagnent le pays dans un contexte sécuritaire et économique déjà lourd à porter pour l'État burkinabè.
Le gouvernement appelle de son côté les populations au calme, à la retenue et à la vigilance face aux risques de désinformation, tout en promettant un encadrement digne de ces citoyens meurtris.
Commentaires