Escalade au Moyen-Orient : L'aéroport de Koweït City frappé par des drones iraniens, le cessez-le-feu vacille

L'attaque est d'autant plus cruelle que le Terminal 1, qui a absorbé la majorité des impacts, venait tout juste de rouvrir ses portes lundi après des mois de fermeture liés au conflit régional déclenché en février dernier.
Une pluie de feu sur le Terminal 1
Des vidéos saisissantes partagées sur les réseaux sociaux au petit matin ont montré des pans entiers du toit du Terminal 1 s'effondrer sous l'effet du feu, alors qu'une épaisse fumée noire envahissait les halls d'enregistrement.
L'ambassade de l'Inde au Koweït a rapidement confirmé que la personne décédée était un ressortissant indien qui travaillait sur le site. Le ministère de la Santé koweïtien a fait état de 63 blessés, parmi lesquels des voyageurs et du personnel au sol. Au moins sept interventions chirurgicales d'extrême urgence ont dû être pratiquées dans les hôpitaux de la capitale.
Cette frappe d'envergure fait suite à une série d'incidents qui s'est accélérée au cours des dernières 24 heures dans le golfe Persique :
L'interception maritime (Mardi) : Le commandement central américain (CENTCOM) a d'abord neutralisé un pétrolier battant pavillon du Botswana, le M/T Lexie, qui tentait de briser le blocus en direction de l'île iranienne de Kharg. Un hélicoptère américain a tiré un missile Hellfire dans la salle des machines pour l'immobiliser.
La riposte américaine sur Qeshm (Mardi soir) : En réaction à des menaces de tirs imminents, l'armée américaine a mené des frappes sur l'île iranienne de Qeshm, détruisant une station de contrôle au sol et une tour de télécommunication de l'armée iranienne.
L'offensive globale de l'Iran (Mercredi matin) : Les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC) ont alors répliqué en lançant des vagues de missiles et de drones à travers le Golfe. Si la majorité des projectiles visant Bahreïn (qui abrite la 5e flotte américaine) et les bases américaines au Koweït ont été interceptés par les systèmes de défense antiaérienne, une vague de drones a réussi à saturer les défenses de l'aéroport koweïtien.
La réaction politique du Koweït ne s'est pas fait attendre. Qualifiant l'acte d'« agression criminelle flagrante », le ministère des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'affaires iranien et a ordonné l'expulsion immédiate de deux diplomates iraniens, sommés de quitter le territoire sous 24 heures.
Sur le plan logistique, la Direction générale de l'aviation civile a dû suspendre l'ensemble du trafic aérien durant la matinée, déroutant les vols internationaux vers les pays voisins. Ce n'est qu'à la mi-journée qu'une reprise très partielle a été annoncée : seuls les vols de la compagnie nationale Kuwait Airways ont repris, relocalisés en urgence vers le Terminal 4, resté intact. Le Terminal 1 demeure entièrement fermé pour une durée indéterminée.
Pendant que Téhéran affirme que le Koweït et Bahreïn portent une « responsabilité directe » en laissant les forces américaines utiliser leur sol pour attaquer l'Iran, la diplomatie mondiale retient son souffle. À Washington, le président Donald Trump a tenté de tempérer l'urgence en affirmant que les canaux de discussion secrets « se poursuivent en continu » pour sauver le cessez-le-feu, malgré les rumeurs d'un gel des négociations par l'Iran en raison de l'intensification des combats au Liban.
Aux États-Unis, la pression politique monte : la Chambre des représentants a voté de justesse (215 voix contre 208) une résolution visant à limiter les pouvoirs de guerre du président sans l'accord explicite du Congrès, traduisant l'inquiétude croissante face à un conflit qui menace d'embraser l'ensemble des monarchies du Golfe.
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