Éducation au Tchad : entre lutte contre l’absentéisme dans le Logone Oriental et sensibilisation contre les VBG à Abéché

Le système éducatif tchadien fait l’actualité à travers deux initiatives fortes menées sur le terrain, illustrant la volonté conjointe des autorités et de la société civile d’assainir le milieu scolaire et de protéger les élèves. De la traque de l’absentéisme des enseignants dans le Logone Oriental aux actions de prévention contre les violences basées sur le genre (VBG) à Abéché, le secteur de l'éducation est en première ligne des réformes sociétales.
Dans la province du Logone Oriental, les autorités administratives et éducatives serrent la vis. Une note stricte enjoint désormais tous les chefs d’établissement à dresser et déposer sans délai la liste nominative des enseignants absents de leurs postes.
Cette mesure vise à mettre un terme aux pratiques de "professeurs fantômes" ou d'absentéisme chronique qui pénalisent lourdement les élèves, en particulier dans les zones rurales et périurbaines. En exigeant une traçabilité rigoureuse de la présence du personnel enseignant, l'inspection académique entend rétablir la discipline dans les salles de classe, restaurer l’équité dans l’accès au savoir et garantir que chaque heure de cours inscrite à l'emploi du temps soit effectivement dispensée.
À des centaines de kilomètres de là, dans la ville historique d'Abéché (province du Ouaddaï), l'enjeu est également sécuritaire et sociétal, mais se concentre sur la protection des jeunes filles. Des séances de sensibilisation de grande envergure ont été menées à l'intention des lycéennes de la localité.
Encadrées par des acteurs associatifs et des spécialistes des droits humains, ces rencontres ont permis de décrypter les différentes formes de violences basées sur le genre (VBG) harcèlement, violences psychologiques, pressions ou agressions qui entravent trop souvent la scolarité des jeunes filles.
L'objectif de ces campagnes est double :
-Délier les langues : Offrir un espace de parole sécurisé pour inciter les élèves victimes ou témoins à briser le tabou et à signaler les agresseurs.
-Outiller les jeunes filles : Informer les lycéennes sur leurs droits fondamentaux et les structures d'accompagnement juridique et psychologique disponibles pour les soutenir.
Ces deux initiatives, bien que de natures différentes, convergent vers un même objectif : redonner à l'école tchadienne ses lettres de noblesse en garantissant un environnement à la fois studieux, rigoureux et sécurisé.
Tandis que la rigueur administrative s'impose aux enseignants dans le Sud pour sauver l’année académique, l’action préventive menée dans l'Est protège la dignité et l'avenir des jeunes apprenantes. Deux fronts indispensables pour bâtir une éducation résiliente et inclusive au Tchad.
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