Cameroun : Paul Biya verrouille son dispositif sécuritaire face aux incertitudes politiques

Face aux spéculations grandissantes sur son état de santé et à une absence du territoire national qui dure depuis près de deux mois, le président camerounais Paul Biya a opéré un remaniement stratégique au sommet de l'appareil défense. Par un décret signé le 3 août, le chef de l’État a consolidé sa garde rapprochée en plaçant quatre généraux à la tête des unités chargées de sa protection.
Le changement le plus significatif réside dans la nomination du général Raymond Jean Charles Beko'o Abondo, 54 ans, au commandement de la Garde présidentielle (GP). Pour la toute première fois de l'histoire du Cameroun, cette unité d'élite passe sous la coupe d'un officier général.
Parallèlement, la chaîne de commandement globale des forces armées se trouve renforcée :
Général de division Ebaka Hypolite (73 ans) : Nommé major-général des armées (deuxième responsable de la défense derrière le général d'armée René Claude Meka), tout en conservant son poste de major-général de l'armée de terre.
Verrouillage à quatre généraux : L'ensemble du périmètre de protection présidentielle est désormais sous la tutelle directe de quatre haut-gradés de confiance.
Cette réorganisation militaire d'envergure intervient alors que Paul Biya, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, n'a plus regagné le Cameroun depuis son départ le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe ».
Contestation de l'opposition : Les dirigeants de l'opposition dénoncent un « vide institutionnel » et un pouvoir fonctionnant en « pilotage automatique », exigeant des clartés sur la gouvernance du pays alors qu'un remaniement gouvernemental et la désignation d'un vice-président se font attendre.
Réponse du gouvernement : Les autorités officielles continuent de nier toute dégradation de l'état de santé du doyen des chefs d'État en exercice, assurant que son retour dans le pays est imminent.
En distribuant ces nouveaux galons stratégiques depuis l'étranger, le pouvoir camerounais cherche à envoyer un signal fort de continuité administrative tout en prémunissant le régime contre toute déstabilisation interne.
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