Bras de fer FIFA-UEFA : l'instance européenne menace Gianni Infantino de poursuites et exige la conservation des preuves

La crise institutionnelle qui secoue le football mondial franchit un nouveau palier juridique. Alors que le projet très controversé de cession partielle des droits commerciaux de la Coupe du monde a été abandonné sous la pression populaire et institutionnelle, l'UEFA accentue sa mise sous tension de la FIFA et de son président, Gianni Infantino. Selon des informations du quotidien britannique The Telegraph, l'instance européenne a formellement mis en demeure le patron de la FIFA et exige la sauvegarde intégrale de toutes les archives liées au dossier.
Par l'intermédiaire de ses conseils juridiques, l'UEFA a adressé un avertissement direct à Gianni Infantino. La fédération européenne y précise qu'elle « examine activement des actions en justice, une procédure d'arbitrage et/ou des plaintes réglementaires » concernant le projet avorté baptisé FIFA Forward Enterprise (FFE). La démarche de l'UEFA ne vise pas seulement le patron de l'instance zurichoise : Mise en garde contre la destruction de preuves : L'UEFA ordonne à la FIFA de ne détruire, modifier ou dissimuler aucun document, courriel ou donnée électronique en lien avec l'affaire, rappelant que toute suppression constituerait une altération de preuves dans le cadre de procédures à venir. Lettres transmises aux partenaires financiers : Des notifications similaires ont été envoyées aux investisseurs et intermédiaires impliqués dans le dossier, notamment l'homme d'affaires américain Josh Kushner (dont le fonds Thrive Capital devait agir comme investisseur principal), Greg Maffei (ex-dirigeant de Liberty Media), la banque d'affaires JPMorgan et la société d'études OpenEconomics.
Le projet FFE prévoyait la création d'une filiale commerciale valorisée à 20 milliards de dollars pour gérer les droits médias et de sponsoring des grandes compétitions de la FIFA (Coupe du monde, Mondial des clubs). En cédant environ 20 % du capital à des investisseurs privés pour lever 4,2 milliards de dollars, la FIFA promettait de tripler les versements aux 211 fédérations membres. Mais la perspective de privatiser la gestion des joyaux du football international a suscité un tollé sans précédent. Accusé de vouloir « vendre l'âme du football » dans l'opacité la plus totale, Gianni Infantino s'est heurté à un refus unanime des 55 fédérations membres de l'UEFA, accompagnées par plusieurs autres confédérations et syndicats à travers le globe. La menace formulée par l'UEFA d'un boycott pur et simple de la Coupe du monde a contraint la FIFA à faire machine arrière.
Bien que la FIFA ait fait s'effondrer le projet pour éteindre l'incendie, la fracture avec le continent européen semble consommée. Dans un communiqué au ton particulièrement vif, l'UEFA a affirmé que « la direction actuelle de la FIFA n'a pas seulement perdu la confiance de l'UEFA, mais aussi celle de nombreux autres membres de la famille du football ». En portant le différend sur le terrain judiciaire et en ciblant la gouvernance interne d'Infantino, l'UEFA entend s'assurer que de telles initiatives privées ne puissent plus revoir le jour et remet plus que jamais en question l'avenir politique du président de la FIFA.
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