Auto-glorification à N’Djamena : quand le gouvernement s'autocongratule sur fond de bilan illusoire

À N’Djamena, la machine à encenser le pouvoir est en surrégime. Le gouvernement s'est offert une grand-messe bureaucratique : un séminaire fastueux censé valider le « bilan biennal » du quinquennat du chef de l'État, le tout placé sous la houlette et la bénédiction du Premier ministre. Pendant que les ministres se succèdent au pupitre pour s'auto-congratuler à grands coups de rapports aseptisés et de graphiques embellis, la réalité des citoyens, elle, reste cruellement ancrée dans le dénuement.
Dans les salons feutrés de la capitale, on célèbre l'action publique « axée sur les résultats » et la prétendue proximité avec le peuple. Mais de quels résultats parle-t-on réellement ? Ce séminaire de validation ressemble fort à une opération de communication politique cousue de fil blanc, visant à maquiller les promesses non tenues et les retards abyssaux du programme présidentiel.
À mi-parcours de ce quinquennat, l'exécutif préfère s'écouter parler et brandir des classeurs de bilans virtuels plutôt que de regarder en face les urgences du pays. On y aligne les acronymes et les plans stratégiques alignés sur le papier avec des visions à l'horizon 2030, pendant que les structures de base de l'économie et des services publics battent de l'aile.
Organiser des séminaires d'évaluation en vase clos, supervisés par le chef du gouvernement pour auditer... sa propre action, relève de la comédie institutionnelle. Comment un gouvernement peut-il être à la fois juge et partie dans l'évaluation de ses propres échecs ?
Pendant que les élites politiques se gargarisent d’avancées illusoires à N’Djamena, la population continue de subir de plein fouet les crises socio-économiques, la précarité endémique et les défaillances chroniques de l’administration. À force de vouloir embellir la façade à coups de séminaires budgétivores, le pouvoir s'isole un peu plus dans une tour d'ivoire, bien loin des véritables soucis du pays.
Commentaires