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DIPLOMATIE

À la faveur d'un dégel, l'Algérie et le Mali annoncent le retour de leurs ambassadeurs

À la faveur d'un dégel, l'Algérie et le Mali annoncent le retour de leurs ambassadeurs

Après une crise profonde qui aura duré plus d'un an, Bamako et Alger amorcent une normalisation attendue de leurs relations bilatérales. Ce vendredi 10 juillet, les deux voisins ont officialisé la réouverture de leur espace aérien et le retour mutuel de leurs ambassadeurs. Une détente minutieusement orchestrée qui intervient dans un contexte sécuritaire régional brûlant.
Ce retour au dialogue n'a rien laissé au hasard. Le Mali et l’Algérie ont soigneusement planifié l’annonce officielle du processus de dégel dans leurs relations à travers une succession de communiqués croisés.

Le premier pas d'Alger : C'est l'Algérie qui a ouvert le bal en annonçant la réouverture de son espace au trafic aérien malien à compter de ce vendredi.

La double réponse de Bamako : Dans la foulée, le Mali a répliqué avec deux annonces majeures. D'une part, la réouverture de son propre espace aérien à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de l'Algérie. D'autre part, le retour officiel de son ambassadeur en Algérie.

La réciprocité d'Alger : Pour parachever ce processus, l'Algérie a annoncé à son tour le retour de son ambassadeur à Bamako, rétablissant pleinement les canaux diplomatiques.

Cette séquence met fin à un lourd silence radio : les deux pays voisins ne se parlaient quasiment plus directement depuis le printemps 2025.
Ces annonces marquent une véritable amorce de détente après une longue période de turbulences. Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires maliens à la suite des deux coups d’État en 2020 et 2021, les relations entre les deux capitales n'ont cessé de se dégrader.

La crise avait finalement atteint son paroxysme quatre ans plus tard, au printemps 2025, lors de l’incident de la destruction d’un drone malien près de la frontière commune. À l'époque, les Algériens avaient affirmé que l’appareil avait violé leur espace aérien, tandis que le Mali soutenait que le drone se trouvait strictement sur son territoire. Cet événement avait provoqué une rupture quasi totale des discussions.
Si Alger et Bamako ont choisi de faire table rase du passé aujourd'hui, c'est aussi parce que l'urgence du terrain commande de coopérer à nouveau. Cette amorce de détente intervient en effet au moment où la situation sécuritaire se dégrade fortement dans le nord du Mali.

Il y a tout juste deux mois, une coalition de combattants jihadistes et indépendantistes a pris le contrôle de Kidal, une ville hautement stratégique située dans une région frontalière directe avec l’Algérie. Face à cette instabilité grandissante à leurs portes, les deux pays semblent avoir compris qu'ils ne pouvaient plus se payer le luxe de l'isolement diplomatique. Le retour des ambassadeurs devra désormais permettre de relancer une coordination sécuritaire devenue vitale.

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